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Silure : comment le pêcher au vif au printemps

La pêche au vif, avec ou sans flotteur, demeure sûrement la meilleure option en ce jour d’ouverture pour réaliser une belle pêche.

Crédit photo Lilian Fautrelle
La pêche au vif n’est plus trop à la mode. C’est pourtant une technique accessible à tous permettant presque à coup sûr de réussir ses premières pêches. Toutefois, le choix du poste et de l’appât est crucial.

Bien qu’un nombre plutôt restreint de traqueurs de silure n’esche jamais de proies vivantes pour pêcher ce grand poisson, un rapide sondage sur les réseaux sociaux, sans aucune valeur scientifique donc, m’indique que quatre pêcheurs sur cinq recherchant spécifiquement ce carnassier au moins cinq fois dans l’année se tournent vers l’utilisation de vifs. Quoi de plus naturel, puisqu’il s’agit finalement d’exploiter l’essence même de la pratique de la pêche, basée sur l’existence dans les milieux vivants de réseaux alimentaires. Tous les êtres vivants d’un biotope doivent manger et tous ne consomment pas la même source de nourriture.

Un gros vif fixé sur une monture fireball permet de pêcher lentement et d’insister le long de bois noyés ou d’embacles afin de pousser un silure à sortir de l’obstacle.
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Quel(s) vif(s) ?

L’une des questions qui m’est le plus souvent posée est « quel est le meilleur vif pour pêcher le silure ? » La réponse ne se résume pas à une espèce mais à une analyse fondée sur la compréhension du réseau alimentaire à l’instant T de la partie de pêche. En matière d’espèces, seule la réglementation en vigueur bride ma sélection. Pour mémoire, il n’est pas autorisé d’utiliser des poissons disposant de tailles réglementaires, brochet, truite, lamproie, qui sont protégés ou enfin certaines espèces classées exotiques et envahissantes… En ce qui nous concerne, j’essaye d’utiliser systématiquement l’espèce et la taille de vifs qui est la plus consommée par les silures au moment et sur le lieu de ma session. Avec l’expérience, chaque pêcheur se construit des cartes mentales de stratégie, au point même de guetter les conditions avant même qu’elles n’arrivent sur le terrain. Pour l’ouverture, je sais que si mes secteurs présentent des débits soutenus, voire en crue de printemps, les silures taperont allègrement dans les brèmes bordelières qui se regroupent massivement dans les zones abritées des forts courants. Si les eaux sont basses, claires et sans débit, il me faudra privilégier les rotengles, gardons ou chevesnes qui s’attroupent dans les bois morts ou sous les couverts épais de bordure.

Ces piles enrochées au beau milieu d’un linéaire sableux sont des postes en or, mais qui seront probablement pris d’assaut par les pêcheurs de toutes espèces le jour de l’ouverture. 
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Les bons postes de la rivière

La pêche aux vifs est plus technique, plus stratégique et bien plus passionnante que ce que l’on peut lire ou dire çà et là à son sujet. Laisser traîner un vif isolé sous un gros bas de ligne en plein milieu de nulle part ne vous apportera pas grand résultat. Le choix du poste demande nécessairement de la réflexion. Pour trouver les bons secteurs de sa rivière, un minimum de connaissance et une bonne lecture des indices sont nécessaires. La première étape consiste à dresser un profil type du parcours fréquenté. En moyenne, quelle est la nature du substrat du fond ? Quelles sont les lignes de niveaux bathymétriques ? Comment se comporte le courant principal ? De quelle nature sont les berges ? Une fois que vous avez construit mentalement la photographie de ce profil moyen, standard, de votre rivière, l’idée est de repérer tous les secteurs qui diffèrent significativement de cette photographie. Ce sont en général les meilleurs postes ! Il y a bien sûr les plus visibles, comme les piles des ouvrages d’art ou leurs ruines, les barrages ou chaussées, les buses d’eaux chaudes et sorties d’égouts qui sont d’excellents secteurs mais qui sont souvent très convoités en ces jours d’ouverture. Les arbres morts, les couverts végétaux déjà développés en ce mois de mai, les zones d’embâcles, sont également des endroits facilement repérables et très intéressants.

Si vous pêchez en poste fixe depuis le bord, quadrillez la zone avec différentes présentations des vifs pour maximiser vos chances.
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Soyez vigilants aux détails

D’autres excellents postes sont moins visibles. En observant attentivement la surface de l’eau et le déplacement des éléments flottants à la surface, cherchez les grandes ruptures dans l’écoulement du flux principal de la veine d’eau. Si la rivière affiche un débit soutenu, les contrecourants et les zones de calme doivent être prospectés. À l’inverse, si la rivière est à l’étiage, voire en dessous, toutes les zones d’accélération du courant et leur proche aval pourront vous rapporter de belle surprise. La logique est la même pour les ruptures de continuité bathymétrique, c’est-à-dire de la topographie des fonds. Aujourd’hui, les cartes et les échosondeurs facilitent grandement la prospection de cette dimension. Néanmoins, même sans échosondeur, il est possible de démasquer des ruptures nettes au regard du fond moyen. De grandes fosses se forment généralement en extérieur de virage là où les eaux viennent taper la berge en tourbillonnant et creusant le substrat. Les grosses ruptures de pente perpendiculaires à l’écoulement laminaire de la rivière sont quant à elles souvent trahies par de petites vaguelettes de surface permanentes indépendantes du vent. Autant d’indices qui vous permettront de choisir les bons endroits pour tendre vos embuscades d’ouverture.

Généralement, les silures que je capture présentent un estomac vide mais je regarde toujours en fond d’œsophage, voire dans l’estomac si je sens des masses dures. Cela permet de récolter de précieux indices pour la pêche en cours et de réaliser des corrélations entre les conditions environnementales et le comportement alimentaire des individus. La verticale permet également d’investiguer un éventuel lien entre la matière du fond et le positionnement des poissons. Tantôt privilégiant les poches de vases, tantôt les grandes masses rocheuses, il y a des journées ou ce paramètre est une clé supplémentaire de la réussite.
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Des montages pour tous

L’un des points forts de la pêche au vif, c’est son extrême polyvalence ! Tous les pratiquants peuvent y trouver leur compte, du bord en poste fixe, en itinérance, depuis une embarcation, avec des montages très simples ou plus techniques… Depuis la berge, un montage en plombée avec un corps de ligne en tresse en 30 à 40/100 équipé d’un clip plomb recevant le lest, d’un émerillon puis d’un bas de ligne kevlar de 50 à 100 kg est une option on ne peut plus simple. Dans ce cas, le montage étant déposé à même le substrat, j’évite d’utiliser des carpeaux, car ils ont tendance à s’immobiliser sur le sol. Je préfère une petite brème, un gros rotengle, voire un carassin si le milieu en héberge naturellement. En bateau, l’approche au flotteur est idéale pour le débutant qui apprend à gérer les placements de son embarcation, autant que pour l’expert qui recherche un maximum de discrétion dans sa présentation. Sur un corps de ligne de 40 à 45/100 muni d’un stop-float permettant de régler facilement la hauteur de pêche sur chaque poste, enfilez un flotteur coulissant de 100 à 300 g en fonction des appâts choisis. Pour équilibrer ce flotteur, la plombée inline plastifiée est idéale tant pour la discrétion que la facilité d’utilisation avant de terminer votre montage par un bas de ligne adapté. Avec un peu plus d’expérience en embarcation, le pratiquant pourra basculer d’une pêche très visuelle au flotteur qui révèle le moment tant attendu de la touche, à une pratique beaucoup plus tactile grâce aux pêches en verticale. Aux vifs, les montages fireball ou fireball décalé sont simples à réaliser et à utiliser. Ils sont redoutables d’efficacité dès qu’on sait les ajuster à l’environnement et aux postes pour une ouverture riche réussite.

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Magazine n°936 - Mai 2023

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