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Barrage des Fades : le black-bass s'implante dans le Puy-de-Dome

Des poissons de 15 à 35 cm ont été lâchés sur le lac de barrage sur des secteurs propices à l’épanouissement de l’espèce. Les jeunes pêcheurs ont hâte d’en découdre ! 

Crédit photo AAPPMA La Sioule
Le 3 novembre dernier, 370 kg de black-bass ont été lâchés dans ce barrage. Introduire une espèce dans un tel biotope demande beaucoup d’investissement mais tous les acteurs tirent dans le même sens.

« Le projet remonte à plusieurs années », retrace Geoffray Begard, guide de pêche (en Auvergne mais aussi en Irlande et au Chili) et membre du bureau de l’AAPPMA La Sioule les Ancizes. À son arrivée, il a repris le dossier en main : « J’ai dressé un panorama de ce qui a été fait en France, du moins dans la moitié sud. J’ai appelé Franck Rosmann (chef produits Sakura et fondateur de Black bass France), Matthias Lothy (fondateur de Bim Tackle et de Don’t Drop The Bass), Adrien Ariès (association Black bass France)… mais aussi des pisciculteurs, la fédération et des AAPPMA qui ont mené de tels projets avec succès ou soldés par des échecs. Il nous fallait un maximum d’informations. » Geoffray et les administrateurs sont rassurés, le marnage du lac est faible pendant la période de reproduction, le fond sablonneux est propice à l’installation des nids, l’espèce est dotée d’une forte adaptabilité pour ces milieux, le blanc est présent en abondance avec des bancs immenses de gardons. « Il n’y a pas de risque de déséquilibre », assure Geoffray. Il faut dire que le lac fait quelque 400 hectares ! D’ailleurs, les lâchers de sujets de 15 à 35 cm ont été menés sur des zones précises avec des habitats favorables.

370 kg de black-bass ont été introduits récemment, pour la coquette somme de 8 500 € ! La fédération et l’AAPPMA ont mis en place une réglementation spécifique pour le black-bass, comme d’ailleurs pour le sandre et le brochet avec des zones de réserve.
Crédit photo : AAPPMA des Fades

Un financement bien ficelé

Introduire des black-bass coûte cher. Pour 370 kg de poissons, le budget était d’environ 8 500 euros. La fédération de pêche du Puy-de-Dôme a aidé l’association financièrement de ses fonds propres et grâce au Fonds d’intervention fédéral (FIF) réservé aux projets des AAPPMA, alimenté par l’argent des cartes de pêche. Elle a aussi activé ses réseaux pour débloquer 3 000 euros d’un partenaire, EDF. L’association n’a pas eu à trop puiser dans ses réserves mais devra trouver d’autres financements pour les prochains alevinages. Elle sait qu’elle n’aura pas chaque année une aide fédérale aussi importante et a déjà sollicité l’enseigne Pacific Pêche, intéressée par le projet. Une campagne participative auprès des pêcheurs et/ou une tombola grâce à l’apport de marques pourrait aussi être lancée, les idées sont dans les tuyaux.

Communiquer, réglementer

Une opération similaire menée il y a dix ans sur le lac d’Eguzon dans l’Indre, à deux heures de route, avait vu la population rapidement exploser. « Mais les pêcheurs n’avaient pas été éduqués: peu de communication, pas de no-kill, ça a été braconné au départ même si tout est rentré dans l’ordre aujourd’hui », note Geoffray. L’association joue donc la carte de la transparence avec des annonces, des photos et des vidéos sur Facebook, des articles de presse, une communication lors de l’Assemblée générale. Elle incite à ne pas rechercher spécifiquement les bass les premiers mois. Surtout, il a fallu mettre en place une réglementation adaptée: no-kill obligatoire, mise en réserve des zones de frayères pendant la période de reproduction, information avec des panneaux d’affichage…

Le barrage des Fades présente un biotope adapté au black-bass, le marnage n’est pas trop important au printemps. 
Crédit photo : Fédération de pêche du Puy de Dôme

Un test cet été

« Le barrage des Fades, c’est notre petit bijou, on y fait attention, décrit Luc Bortoli, responsable Développement à la fédération 63. Il y a des gros sandres métrés, des brochets de 120+ et des perches de 50+. La pression de pêche est très importante et le black-bass y a sa place, il offrira une alternative en été quand les autres carnassiers baissent leur activité ». Il y a en tout cas une vraie attente des pêcheurs. En 2022, la fédération a lancé un « bassodrome » de 8 ha à Cournon : « Les gamins du lycée juste en face viennent en classe avec leurs cannes, sourit Luc. La première année, 800 options (10 € l’année pour un adulte, 2 € pour un jeune, 1 € la journée) ont été achetées ! » Pour l’heure sur les Fades, il n’y a pas beaucoup de retours. Mais les détaillants ont vu un premier effet dans les ventes de leurres spécifiques. Des améliorations sont déjà prévues comme l’installation de structures flottantes ou un décalage à janvier-février pour réaliser les prochains alevinages.

 

Black-bass France, un référent solide

Adrien Ariès, 27 ans, est le délégué technique de Black bass France et le rédacteur en chef de la revue de l’association, qui fête ses 30 ans cette année, un bel anniversaire.

Comment avez-vous aidé pour monter le projet du lac des Fades ?

Adrien Ariès : Les premiers contacts avec Geoffray datent de début 2022. Il avait des questions très précises, on sentait que le sujet était mené avec sérieux. Je lui ai demandé un historique du plan d’eau, la configuration des lieux, les techniques pratiquées, la thermie du lac… On fait une sorte d’audit en fait. Je travaille aussi beaucoup avec Google Maps et Google Earth, avec les bathymétries si elles existent. On voit si le biotope correspond et on compare avec d’autres projets. Ici, le lac des Fades est totalement adapté à l’espèce. J’ai remis un dossier de dix pages avec mes conclusions et par exemple des idées d’aménagement de structures, des préconisations pour des points de lâchers prioritaires, des densités de poissons à introduire (en général, 10 kg/ha) selon plusieurs scénarios.

Et tout ça de façon bénévole, on le rappelle. En combien de temps le black-bass peut-il coloniser une telle étendue d’eau ?

A.A. : D’habitude on table sur deux à trois ans pour que le projet prenne et que ce soit visible, mais ici, vu la surface de 400 ha je dirai qu’il faut faire un premier point dans trois ans. Ça peut très bien marcher ou mettre 10 ans. Mais il faudra continuer les soutiens de populations sur 4-5 années, on ne peut pas faire de « one shot » sur ce genre de biotope, c’est trop vaste.

Pour de tels projets, les AAPPMA et les fédérations doivent vous contacter ?

A.A. : On a six antennes régionales, six délégués régionaux pour répondre à toutes les questions et relayer les infos. Et ça marche dans les deux sens, il nous arrive de contacter les AAPPMA et les fédérations quand on entend parler de certains projets. On aide pour l’introduction, l’administratif, l’organisation d’événements. On a aussi des demandes de privés, mais la priorité de Black bass France, c’est de répondre au grand public.

Contact : www.blackbassfrance.org/blog

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