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Solutions anti cormorans : avec des bouts de ficelle...

Du fait-maison, peu coûteux, le poisson de petite taille peut se réfugier dans ces drôles de caches. À disposer loin du bord ou à matérialiser en surface pour éviter aux pécheurs de perdre leurs leurres !

Crédit photo Fédération de pêche d'Indre-et-Loire
Faute d’autorisations de tirs désormais, des associations et fédérations de pêche testent des solutions pour limiter la prédation des cormorans avec les moyens du bord et sans certitude de résultats.

La fédération de l’Oise, entre autres, a investi il y a trois ans dans un effaroucheur sonique. L’appareil est un caisson flottant, le Protectot. « Cela émet des sons d’orques sous l’eau, le prédateur naturel du cormoran, détaille Valentin Lefèvre, du pôle animation et développement de la fédération. C’est censé créer un stress à l’oiseau et l’empêcher de pêcher efficacement ». Cela fait en tout cas un sacré vacarme quand on le retire de l’eau, nous avions relayé une vidéo il y a quelques années sur notre page Facebook. L’appareil fonctionne à l’énergie solaire et a une autonomie de 3 à 4 mois. « Nous n’avons pas noté d’effet immédiat, mais il semble efficace sur les oiseaux de passage, ceux en migration. Ils sont dérangés et vont voir ailleurs. En revanche, la population sédentaire s’est habituée. Elle a compris qu’il n’y avait pas de risque et continue de pêcher. » Valentin ne semble pas convaincu. Cinq ou six cormorans sont toujours présents sur le site quotidiennement… La phase d’expérimentation se poursuit mais la fédération de l’Oise n’a pas investi dans un deuxième appareil proposé au prix de 3 000 €.

Effaroucheur Protectot : une solution coûteuse, qui fonctionne plutôt sur les oiseaux de passage. On peut aussi s’interroger sur les effets du vacarme sur les poissons… Le comble, c’est que certains cormorans s’en servent comme perchoir ! La fédération a fixé des pics pour que les oiseaux ne se posent plus sur le dessus. 
Crédit photo : Fédération de pêche de l'Oise

Caches à poissons

Plus classique, à défaut d’agir sur l’oiseau prédateur, le recours aux caches à poissons. Il en existe de toutes sortes : des cages, des fagots, en plastique, en béton… La fédération de pêche d’Indre-et-Loire par exemple a privilégié de grandes cages en ferrailles. Une quarantaine d’ouvrages ont été dispersés sur deux étangs, dont celui de Souvigné : « C’est un plan d’eau que l’on a inauguré il y a un an avec un gros alevinage, explique Matthieu Lemarié, directeur de la fédération. Il a été plus ou moins ravagé par les cormorans. On a pris conseil auprès de pisciculteurs, on a regardé ce qui se faisait, et au final, on a décidé de faire les cages nousmêmes, on a quelques bricoleurs parmi nos administrateurs. Mais ça reste un palliatif. » Certaines fédérations, comme celle des Landes par exemple, proposent même des ateliers pour les associations de pêche qui voudraient construire des abris. Trois palettes, des grilles et des cailloux suffisent à fabriquer un tipi qui servira de refuge sommaire aux poissons.

La fédération de pêche d’Indre-et-Loire a aussi installé des grillages sur les bordures, profitant du niveau bas du plan d’eau. Mais les piquets servent souvent de perchoirs aux cormorans. 
Crédit photo : Fédération de pêche d’Indre-et-Loire

Fils tendus

L’AAPPMA du Bas-Verdon dans le Var utilise aussi des caches pour l’un de ses étangs à thème, peuplé de truites arc-en-ciel. Mais elle fait encore plus fort. Sur sa rivière de 1re catégorie, elle a peut-être trouvé un début de parade. « Depuis quatre ans, on tend des fils tous les 3 à 4  mètres, avec des morceaux de rubalise, au-dessus des frayères répertoriées sur notre portion de 15 km du Verdon », explique le président de l’association, Jacques Laton. Ces fils tendus sont installés de fin octobre-début novembre à fin février-début mars. Le budget est minime, 2 à 300 euros de matériel, une vingtaine de bénévoles met la main à la pâte : « ça nous coûte l’apéro et le repas du midi », plaisante Jacques.

De simples fils achetés dans des magasins de bricolage, un peu de rubalise et de patience, et le tour est joué. Seuls 3 à 4 km de rivière sur les 15 que gère l’association locale sont protégés.
Crédit photo : AAPPMA du Bas-Verdon

Cette solution empêche les cormorans d’atterrir et de décoller, en plus de les effrayer. L’AAPPMA fait une communication dans le journal local et met en place des panneaux d’informations. Les fils sont à deux mètres de hauteur pour laisser passer les kayakistes et tout le monde est content. « Ça marche pas mal, on a très peu d’oiseaux sur les frayères mais ça déplace le problème sur les portions non équipées, comme sur la Durance qui fait 500 mètres de large et où il est impossible de tendre des fils, et sur les lacs aux alentours, avoue notre interlocuteur. On ne peut pas mettre des kilomètres de filets comme dans les piscicultures. On avait essayé de disposer des imitations de grands oiseaux en papier, mais ça n’a pas marché. Il faudrait peut-être prélever les œufs comme on le fait aux Pays-Bas ou en Norvège ». Ce que pour l’instant la réglementation européenne ne permet pas. L’AAPPMA a maintenant prévu d’investir dans des petites caméras pour surveiller les arrivées massives des oiseaux migrateurs, et dépêcher du monde sur le site car la présence humaine reste pour le moment la meilleure solution de lutte efficace !

Le fusil laser, une solution en stand-by

La fédération d’Indre-et-Loire a aussi investi il y a quelques années dans un fusil-laser. L’arme a un certain coût, pas à la portée de tout le monde, de l’ordre de 15 000 euros. La fédération dispose d’une autorisation préfectorale pour son utilisation. « Ça ne tue pas les cormorans, ça ne les blesse pas, mais ça les fait fuir, explique le président de la fédération Jacky Marquay. Le fusil a une portée de 2 km. On l’utilise la nuit pour effaroucher les oiseaux. Malheureusement, la situation [les risques d’attentats et le plan Vigiprate, NDLR] fait qu’aujourd’hui on ne peut plus se promener dans Tours par exemple avec un fusil, même avec une dérogation. Ça fait bizarre de se balader avec, ça nous gêne un peu, même en campagne. » Cette année, la fédération d’Indre-et-Loire n’a pas du tout utilisé cette arme.

Des panneaux d’information ont été installés le long des berges pour mentionner le but de ces aménagements et poses de grillage aux pêcheurs qui fréquentent le site. 
Crédit photo : DR

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