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Faîtes vous-même vos têtes plombées

Crédit photo Michel Tarragnat

Fabriquer soi-même ses têtes plombées est assez simple et permet d’obtenir exactement ce que l’on veut. Toutefois, l’affaire ne sera financièrement intéressante que si l’on en consomme vraiment beaucoup.

1 Le moule

Nous n’aborderons pas ici la fabrication d’un moule artisanal, qui remplirait ces deux pages à elle seule. On trouve assez facilement dans le commerce d’excellents moules en métal pour différents types de plombs, têtes plombées et même leurres. Les prix oscillent entre 30 et 70€. Si on ne cherche pas à produire en quantité, l’idéal est de disposer des différents grammages sur le même moule plutôt que plusieurs empreintes identiques.

2 Le plomb

Par souci d’économie, on utilise généralement du plomb de récupération : anciens plombs de pêche, vieille canalisation ou autres rebuts obtenus par connaissance ou chez un ferrailleur. Sinon, on trouve facilement du plomb en lingots sur Internet. Le tarif est aux alentours de 5€ le kilo.

3 La purification

Le plomb de récupération contient beaucoup d’impuretés qui nuisent à la bonne coulée et qu’il faut absolument éliminer. Découper le plomb en morceaux et le faire fondre, en extérieur, dans une vieille casserole. À la fusion, les impuretés, moins denses, vont monter et rester en surface. Verser alors lentement le plomb fondu dans un récipient métallique ou dans le pot de fusion, de façon à ce que ces scories restent dans la casserole.

4 Les alliages

On peut utiliser du plomb pur (Pb) ou mélangé avec de l’étain (Sn) ou de l’antimoine (Sb). L’antimoine se trouve dans certains plombs de récupération (plomb de linotype). Leur formule (70%Pb + 25%Sb + 5%Sn) donne un alliage très résistant aux impacts. L’ajout d’étain (5 à 10%) durcit un peu l’alliage, améliore aussi sa fluidité et permet alors de couler des détails très fins. On va en trouver (30 à 50%) dans les barres de soudure SnPb des zingueurs, à mélanger avec le plomb pur.

5 Les hameçons

L’hameçon jig (coude à 90°) est la partie la plus importante de la tête plombée, et la plus chère si on choisit une référence de qualité. Les conditionnements importants (50 ou 100) sont évidemment bien plus avantageux. La taille doit être adaptée au grammage de la tête. Les moules permettent rarement d’utiliser un gros hameçon avec un faible grammage, mais ça peut parfois se faire au prix d’une modification de l’empreinte à la Dremel. Les n° 2/0, 3/0 et 4/0 sont les tailles le plus souvent utilisées pour armer les têtes standards.

6 Le chauffage

Il faut toujours couler en extérieur et ne jamais respirer les vapeurs. On peut fondre dans une vieille casserole mais l’idéal est le pot de fusion, spécialement conçu et sécurisant, à résistance électrique, thermostat et buse de coulée par le bas. La température de chauffe est importante : trop faible, le plomb fige avant remplissage complet de la cavité (têtes avortées), trop forte il se faufile partout et crée beaucoup de bavures.

7 Le coulage

Verser le plomb avec précaution (en filet) pour éviter tout débordement. Les premières coulées se font sans hameçon, servant à chauffer le moule. Attendre quelques minutes avant de démouler. On peut ensuite commencer à couler avec un hameçon. Le résultat indique si la température est correcte. Si le moule chauffe trop (grosses pièces, moule fin), le laisser refroidir un moment avant de reprendre. Il doit être chaud mais pas brûlant.

8 L'ébavurage

Démoulée, la tête est laissée à refroidir ou plongée dans l’eau. L’ébavurage consiste à supprimer les parties non désirées: cône de coulage, évents, jonction des deux parties du moule, etc. Les parties épaisses peuvent se couper à la pince ou au sécateur mais le fignolage se fait au couteau. Il faut bien se laver les mains à l’issue de cette opération qui laisse pas mal de plomb sur les doigts.

9 La peinture

Cette étape est facultative mais la peinture plastifiante en poudre, outre un attrait éventuel pour le poisson, va protéger le plomb de tout contact direct avec le plastique du leurre souple, évitant les réactions chimiques. Chauffer légèrement le plomb (l’idéal est d’utiliser un décapeur thermique) et le plonger brièvement dans la poudre qui fond et s’étale si la température est correcte. Pour une dureté maximale, il est conseillé de cuire les têtes ainsi peintes au four 20 minutes à 150°C.

10 La décoration

Les plus perfectionnistes voudront ajouter un signal œil, c’est en effet un plus pour armer des leurres qui eux, n’en possèdent pas. Mais si votre moule ne comporte pas d’empreinte en creux prévue à cet effet, l’œil risque de mal tenir. Dans ce cas, l’astuce consiste à le consolider avec une goutte de vernis.

Est-ce rentable ?

Si on achète le plomb, le moule et un pot de fusion (plus les hameçons, etc.), l’investissement est en fait assez important (comptez plus de 200€). La rentabilité sera donc liée au nombre de têtes coulées. Acheter à plusieurs est une solution. On peut aussi réduire l’investissement, mais c’est au prix des performances, en créant ses propres moules et en coulant dans une casserole.

 

 

 

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