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Black-bass à la frog

Au sein des pêches de surface, la pêche à la grenouille est à elle seule un petit monde à part. Approche éminemment moderne, pour Tanguy Marlin, qui s’en est fait une véritable spécialité, la frog est bien la technique reine pour traquer les gros black-bass en été.

Le black-bass est le carnassier qui a entièrement dirigé l’itinéraire de pêcheur puis de professionnel de Tanguy Marlin, aujourd’hui concepteur chez Sakura. C’est avec ce poisson qu’il a appris à maîtriser les pêches de surface, et notamment l’utilisation des grenouilles, les fameuses frogs.

Tanguy ne déteste pas faire quelques essais du bord à la frog avant d’embarquer sur son float-tube, histoire de respirer un peu l’atmosphère du jour.
Crédit photo : Jean-Baptiste Nurenberg

De beaux postes

Pour cette démonstration estivale, nous nous rejoignons sur un discret petit étang, entre Landes et Gironde. La berge et la frange littorale, bien végétalisées, offrent des frondaisons luxuriantes et de belles zones d’herbiers. Ombragés et encombrés, les postes à black-bass ne manquent pas. Le début d’été est particulièrement propice à la recherche de cette espèce qui sort de sa longue période de reproduction : « Dès que la température de l’eau dépasse 16°C, on peut opter pour la pêche en surface, précise Tanguy. Mais pour pêcher le brochet, on peut s’y mettre dès que l’eau est à 14-15°C. L’automne est aussi excellent pour utiliser les frogs. »

Munie d’appendice caudal en peau de lapin, de quelques filaments de silicone ou sans le moindre artifice, il y a frog et frog. Le tout, c’est de bien choisir.
Crédit photo : Jean-Baptiste Nurenberg

Son matériel

  • Canne : Ionizer Power Game 661XH (Sakura)
  • Moulinet : Calix CTi 81 (Sakura)
  • Tresse : Sensibraid (Sakura) 8 brins 24/100

Les différentes frogs

Au sein des différentes familles de grenouilles, notre ami ne cache pas son penchant pour les hollow frogs (grenouilles creuses). Ces leurres en PVC souples et creux sont équipés d’origine d’un hameçon simple ou double et d’une plombée interne ou logée dans le corps. Certaines disposent d’appendices vibratoires et sont intéressantes pour les pêches de prospection, pour couvrir du terrain, localiser les poissons sur de grandes étendues ou pêcher la pleine eau. D’autres disposent d’une caudale en peau de lapin, en filaments silicone ou sont dépourvues d’appendice et sont plus efficaces en étant animées. On peut donc pêcher plus lentement, en animant sur des zones précises comme les trouées dans les herbiers, ou bien en insistant sur des bordures spécifiques.

Le float-tube donne accès aux meilleurs postes. Tanguy s’engage dans une prospection rapide mais très précise.
Crédit photo : Jean-Baptiste Nurenberg

Très visuel

Avant de chausser ses palmes et d’embarquer sur son float-tube, notre expert s’octroie une petite exploration du bord, par les quelques percées qui permettent d’accéder aux berges. Tanguy choisit une belle frog articulée, équipée d’une queue à paddle rotative. En brassant l’eau tel un buzzbait, elle permet de balayer rapidement du terrain. Dans un premier temps, Tanguy se concentre sur la bordure en lançant parallèlement à la berge. Il alterne pauses, au détour des obstacles, et récupération en linéaire. « Au départ, c’est bien sûr l’aspect visuel de cette pêche qui m’a attiré, reconnaît-il. C’est très ludique, excitant, et nécessite peu de matériel, même si celui-ci doit être adapté. » Tanguy a sorti en effet un équipement bien particulier. Il préconise l’utilisation d’une canne puissante type XH (extra heavy), dotée d’une action rapide. Cela peut sembler démesuré pour lancer des grenouilles de 15 à 20g, mais c’est impératif sur ces zones si encombrées, d’où il va falloir extraire en force.

Devoir extraire les poissons en force de zones très scabreuses impose d’utiliser un équipement puissant.
Crédit photo : Jean-Baptiste Nurenberg

Ferrage retardé

Un moulinet casting prend aussi tout son sens. « Le combat doit être expédié, il faut ramener rapidement, explique Tanguy. Le ratio doit être élevé et 8:1, c’est parfait ! » La tresse en 8 brins (minimum 25/100) doit parfaitement glisser dans les anneaux pour faciliter les lancers de leurres légers avec une canne si puissante. Elle doit aussi couper les végétaux lors des combats et optimiser les ferrages à distance. La cohérence de ces choix est vite confirmée puisque, quelques minutes plus tard, sur une longue pause près d’un massif de myriophylles, un gobage sourd se fait entendre. Avec sang-froid, notre ami temporise… La prise de contact paraît vraiment interminable. Au bout de quelques longues secondes, Tanguy ferre enfin, de manière très appuyée. Le poisson semble de belle taille. Tanguy utilise toute la réserve de puissance de sa canne pour tenter de l’extraire au plus vite.

Avec une autre approche que la pêche en surface, à la grenouille, la prise de ce magnifique poisson était loin d’être gagnée.
Crédit photo : Jean-Baptiste Nurenberg

Ça décroche...

Malheureusement, après quelques remous, la grenouille se décroche. Tanguy est déçu mais pas étonné : « Le ferrage, c’est l’élément clé. À la frog, quoi que l’on fasse, les décrochages sont fréquents, rappelle-t-il, avec philosophie. C’est pour cette raison qu’il faut un matériel adapté et ferrer fort en moulinant sans cesse…» Dans cette approche, il est indispensable de ne pas être trop tendu. Il faut trouver le bon laps de temps entre l’attaque et le ferrage. Tanguy compte en gros deux secondes pour ferrer ou bien il attend de sentir le poids du poisson. Cela peut sembler un brin long mais ça évite d’ôter le leurre de la bouche du black-bass. Vient alors la séquence un peu brutale, celle de l’extraction ! Il faut ramener le poisson canne haute pour l’éloigner au plus vite des herbes et ses branches.

Le diable est dans les détails ! Tanguy contrôle l’état de son leurre. La frog est régulièrement purgée et la position de l’hameçon double réajustée au millimètre.
Crédit photo : Jean-Baptiste Nurenberg

Les belles chandelles

Ce petit échauffement pousse finalement Tanguy à embarquer sur son float-tube. Le beau temps le mène à choisir un coloris de frog assez sobre, tirant sur le marron (voir encadré). Les postes ne manquent pas et Tanguy peigne minutieusement les berges, déposant chirurgicalement son leurre au ras de la bordure. Au détour d’une branche immergée, sur une animation plus rapide, la grenouille disparaît dans un remous plutôt furtif. Toujours dans son étonnant timing très décalé, Tanguy envoie un puissant ferrage et tente d’extirper le poisson qui nous gratifie de chandelles que notre pêcheur anticipe et contre parfaitement. C’est un beau spécimen d’une quarantaine de centimètres. « La position de la frog sur la surface est déterminante, m’explique Tanguy. Pour une simple prospection, elle doit se tenir à plat, tandis que pour peigner des zones précises, une grenouille que l’on doit animer doit se positionner plutôt à 45° dans l’eau. Une plus grande partie du corps immergée facilite la perception du leurre par le poisson ! »

La flottaison de la grenouille, bien à plat sur la surface ou, comme ici, à 45° est un élément important à considérer. 
Crédit photo : Jean-Baptiste Nurenberg

Cette position inclinée favorise également l’aspiration sur des animations lentes ou lorsque la frog reste parfaitement immobile. Tanguy alourdit parfois sa grenouille en enroulant du fil de plomb sur la hampe de l’hameçon ou en insérant des billes métalliques dans le corps. Cela produit en outre un effet sonore assez intéressant.

Avec encore deux très beaux black-bass, l’ami Tanguy a finalement conclu de belle manière cette journée ensoleillée.
Crédit photo : Jean-Baptiste Nurenberg

Jackpot !

Le soleil est maintenant au zénith, la lumière est intense sur le petit lac et Tanguy doit revoir son approche. Il change de grenouille et se focalise sur les secteurs plus ombragés. Il enchaîne rapidement les lancers et, mis à part deux fausses touches de petits black-bass d’une vingtaine de centimètres venus tirer les élastiques de sa frog, c’est le calme plat. Ce type de pêche a d’ailleurs le mérite de sélectionner la taille des poissons et il est très rare de piquer ainsi des poissons de moins de 30cm. Tanguy revient sur sa frog à paddle rotative, qui avait fonctionné un peu plus tôt ce qui lui permet de clore cette sortie en beauté. Au détour d’un arbre immergé, c’est en effet jackpot ! Un pêcheur heureux me présente coup sur coup deux superbes poissons de 40 et 45cm. Bravo jeune homme !

Lorsque les eaux sont claires, le temps clément et qu’il pêche plutôt les herbiers, notre expert préfère les coloris naturels et imitatifs. À l’opposé, si le temps est couvert et les eaux turbides, il va s’orienter vers des coloris clairs, blancs et ivoires qui, en outre, favorisent le repérage sur les pêches à longue distance. Enfin, Tanguy préfère les frogs noires ou sombres sur les secteurs à faible luminosité.
Crédit photo : Jean-Baptiste Nurenberg

Des grenouilles réparables

Une bonne frog doit être étanche et ne pas prendre l’eau à chaque lancer. Mais il faut pour ça que l’air contenu dans le corps, qui doit donc être souple, puisse s’expulser lorsqu’un poisson la saisit pour bien dégager les pointes des hameçons. On peut la réparer après la prise de brochets qui ne font pas dans la dentelle. Il suffit d’appliquer un peu de colle néoprène sur chaque coupure pour qu’après une bonne nuit de séchage, une grenouille un peu endommagée retrouve une seconde vie.

 

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