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Ouverture truite 2022 : les 10 techniques reines

Chaque année, l’ouverture de la pêche de la truite plante le décor pour une nouvelle saison. Le réchauffement climatique, combiné à l’essor des nouvelles techniques, permet au pêcheur aux leurres de s’exprimer en pleine confi ance dès l’ouverture alors que, quelques décennies auparavant, les appâts naturels prenaient largement le dessus. Réussir son ouverture aux leurres plante en quelque sorte le décor pour l’ensemble de la saison. C’est également le bon moment pour redécouvrir le bonheur simple mais essentiel, pour les pêcheurs, d’arpenter les berges pour se retrouver seul ou en agréable compagnie au bord des cours d’eau.

1 La cuiller tournante

La cuiller tournante est le leurre métallique par excellence. Elle est constituée d’un axe lesté sur lequel tourne une palette métallique. Un hameçon unique termine le leurre et, en tête, une boucle simple en bout de tige permet de fixer la ligne. Ce leurre d’aspect très simple est astucieux.

C’est un leurre qui a fait ses preuves depuis que la pêche de la truite aux leurres existe. Ses très fortes vibrations, ses signaux visuels prononcés et sa grande faculté à évoluer dans les courants en font, toujours et encore, un incontournable. C’est un leurre très simple à utiliser. La cuiller tournante pêche parfaitement en lançant aval ou amont. Sa densité la rend facile à lancer, et sa robustesse ainsi que son prix font qu’on peut la faire évoluer dans les rochers et dans les milieux encombrés sans crainte de perdre un leurre coûteux.

Bien comprendre ce leurre

Il existe de nombreuses variantes de cuillers tournantes qui vont nous permettre de nous adapter à la morphologie du parcours pêché. Regardons tout d’abord la taille de la palette, qui va de la n°00 à la n°3 (pour la truite). Elle va conditionner la taille du leurre. Plus la palette est petite (n°00), plus les vibrations et signaux visuels vont être faibles. Elle n’imite plus alors forcément un poisson qui traverse un courant, mais une larve ou un invertébré. Les grosses palettes n° 2 ou 3 vont tourner plus lentement, mais avec des signaux plus forts et puissants. En général, plus le courant et la profondeur sont faibles, plus il faudra utiliser des cuillers tournantes de petite taille. La forme a elle aussi une grande importance, car elle conditionne la rotation de la palette. Avec une grande surface, elle opposera davantage de force dans l’eau. Les palettes fines et longues sont donc plus adaptées aux forts courants, notamment lorsque l’on pêche vers l’aval. Les palettes sur étrier en forme d’ongle ou de goutte (Mepps Aglia) vont se mettre en rotation facilement, même sur des récupérations lentes. Elles émettent de forts signaux, car la palette tourne avec une grande amplitude. Avec les « in-line » (comme les célèbres Panther Martin), l’axe de la cuiller (la tige) traverse directement la palette au niveau du premier tiers ou quart. Elles possèdent une vibration plus fine et discrète, mais une mise en rotation très réactive et rapide. Elles sont indiquées pour les pêches en rivière, en traversant les courants ou sur les pêches aval. Plus la palette est grande, et plus le lestage est important pour stabiliser le leurre. Là encore, il existe plusieurs types de lest suivant son désir de pêcher creux et lentement ou rapidement. Les lests en laiton et en plomb sont les plus répandus, mais les balles en acier ou les billes tungstène sont aussi utilisées. Ce dernier, très dense, permet d’avoir une silhouette compacte et un volume faible pour mieux pêcher les courants. Enfin, on prendra soin de bien sélectionner les couleurs de palettes notamment, qui ont plus d’importance que la couleur du lest. L’argenté, le doré, et le cuivré sont trois couleurs de base qu’il faut utiliser régulièrement. Le noir est aussi un grand classique très pêchant, notamment lorsque les truites sont focalisées sur des insectes ou des invertébrés. Les palettes fluo, jaune, orange ou rose sont aussi particulièrement efficaces dans les eaux très troubles et par faible luminosité.

Le matériel adéquat

Pour optimiser l’utilisation de leurre exerçant une forte traction dans la ligne (tirant fort lors de la récupération), on privilégie une canne d’action parabolique. Celle-ci se courbe assez facilement et encaisse les vibrations. Lors de la touche, la canne joue le rôle d’amortisseur et absorbe « l’impact » car la ligne est toujours en tension. Cela permet une meilleure prise en gueule du leurre par le poisson, et la cuiller tournante n’est pas ôtée de la bouche à cause d’une action de canne trop nerveuse. On prend soin de bien choisir son moulinet, et notamment le ratio de récupération, suivant le type de prospection majoritaire qu’on va effectuer : vers l’amont, ou vers l’aval. Si le haut ratio est vraiment confortable sur les pêches amont, il devient très « lourd », et parfois trop fatigant, sur les pêches aval par fort courant. En adéquation avec la quête d’amortissement et la souplesse de l’ensemble, l’emploi du Nylon comme ligne est tout indiqué. Il est élastique et offrira plus de confort en rivière. Enfin, n’oubliez pas d’utiliser un émerillon rolling pour fixer votre cuiller. À la longue, la cuiller tournante finit par vriller le fil qui crée des perruques et rend les lancer moins précis. L’émerillon ralentit ce phénomène de vrillage.

 

2 La cuiller ondulante

De forme incroyablement simple et épurée, la cuiller ondulante est l’un des premiers types de leurre qui ait existé. Les ondulantes modernes sont en métal (acier) galbé, avec des caractéristiques étudiées en fonction de la nage, de la vitesse de récupération et de la profondeur d’évolution souhaitée.

Longtemps délaissée, la cuiller ondulante est un leurre qui revient fort chez les pêcheurs de salmonidés. C’est pour moi un incontournable, surtout quand la pêche devient difficile.

Une remarquable polyvalence

Ce leurre simpliste est pourtant redoutable d’efficacité et très technique. On peut l’utiliser, comme sa cousine la tournante, dans de nombreuses situations et dans de nombreuses configurations de parcours. Plus la silhouette est large et le galbe prononcé, plus la cuiller ondulante va offrir de prise dans l’eau et avoir une amplitude de nage prononcée, même à faible récupération. Plus la silhouette est fine et le galbe faible, plus votre ondulante se récupérera rapidement et sera adaptée aux forts courants. Contrairement à la cuiller tournante, la cuiller ondulante émet peu de stimuli et possède une nage plus naturelle. C’est un leurre redoutable sur les salmonidés, en lac comme en rivière, quand ces poissons sont en phase alimentaire. Tout comme la tournante, les gros modèles imitent des poissons, mais les plus petits peuvent ressembler à bien d’autres proies : petits invertébrés à la dérive, chironomes, œufs de saumon, sangsues, pellets… Outre la récupération en linéaire, la cuiller ondulante pêche dès la descente, et on peut aussi l’animer avec des twitches. Ces derniers désaxent avec amplitude la cuiller et déclenchent souvent les attaques de truites suiveuses et indécises.

Une canne sensible

La pêche à la cuiller ondulante est plus tactile et subtile que la pêche à la cuiller tournante. La cuiller tournante, par les forts stimuli qu’elle émet, génère très souvent des touches violentes de poissons agressifs voulant intercepter un intrus trop présent. La cuiller tournante, quant à elle, sera plus efficace sur des poissons apathiques ou inactifs. Les touches sont, de ce fait, assez couramment douces, juste un petit toc ou la sensation que le leurre ne nage plus. Pour animer en twitch et mieux piloter son leurre dans les courants, une canne directive d’action de pointe est optimale. Un scion plein est un vrai plus pour bien conduire son leurre, encaisser les touches et apporter de la sensibilité. En rivière d’altitude et sur des modèles légers (moins de 5 grammes), le Nylon est facile à utiliser. Son élasticité évite pas mal de décrochages intempestifs, et l’inertie du leurre n’est pas encore trop grande pour « polluer » les animations. En lac ou sur les modèles d’ondulantes plus lourds, la tresse permet de pêcher précisément et lentement, tout en ressentant parfaitement son leurre travailler et en détectant la moindre touche. Pour fixer son ondulante, l’agrafe est très confortable et permet de changer rapidement de modèle ou de leurre. Elle laisse le leurre libre d’onduler. Le nœud « Rapala » (en boucle) laisse aussi beaucoup d’amplitude de nage à l’ondulante, qui n’est pas bridée, mais il est plus long à mettre en œuvre que l’ouverture/fermeture d’une agrafe. Enfin, pour armer mes cuillers ondulantes, je privilégie majoritairement l’usage d’assist hook. Ces hameçons, issus du jigging en mer, sont des hameçons simples reliés au leurre par un morceau de tresse. La souplesse de l’ensemble génère très peu de décrochages, et c’est un véritable plus en matière d’efficacité.

 

3 Les minnows coulants

Les poissons nageurs constituent une famille de leurres très grande. Dans la nébuleuse de solutions proposées par les nombreuses marques du marché, certains leurres se démarquent sur les salmonidés dans des situations particulières. Parmi les poissons nageurs très utilisés pour la traque de la truite, on trouve les minnows coulants.

Déroutant aux premiers tours de manivelle, ils sont eux aussi redoutables dès qu’on a bien saisi les opportunités qu’ils apportent et les conditions de pêches où ils excellent. Les minnows coulants se caractérisent par leur densité élevée. Ils sont plus denses que l’eau (l’eau a une densité de 1, pour une masse volumique de 1 g/cm3). Pour se faire, ils sont lourds et compacts, c’est-à-dire peu volumineux. Ils ont une silhouette pisciforme (de poissons) et une forte inertie. C’est cette inertie qui a dérouté pas mal de pêcheurs. En effet, ces minnows lourds se mettent en nage et en mouvement plus difficilement, avec plus d’énergie que leurs cousins flottants ou suspending, moins denses. Il faut en quelque sorte, passez-moi l’expression, « rentrer dedans » pour les faire bouger. Les atouts des minnows coulants En premier lieu, ils ont la forme d’un poisson (pisciforme) et sont très pertinents pour leurrer les truites – dont une grande partie de l’alimentation est constituée d’autres petits poissons. Ensuite, ces minnows coulants possèdent une forte inertie. C’est-à-dire qu’il faut générer une certaine force pour les déplacer. Cela les rend tout indiqués pour pêcher les courants puissants et certains postes, sans qu’ils ne se fassent trop facilement « balayer » par la force du courant. On pourra ainsi pêcher efficacement et creux sous les chutes, les rochers, les veines puissantes… On pourra aussi les utiliser judicieusement pour les pêches de postes précis vers l’amont. Cette compacité et cette densité sont aussi un plus pour les lancers, sur des postes de surface restreinte qui exige de faire évoluer le leurre précisément. Les animations sont principalement des jerks et des twitches marqués, imprimés par le pêcheur grâce à des coups de scion. Ils vont désaxer le leurre qui va avoir une nage ample et un fort roulis. Cela rend le leurre attractif et très présent, même sur des postes « courts » où le courant est fort. J’utilise aussi beaucoup ces leurres pour battre du terrain en lac et pêcher en profondeur. Ils se lancent loin, même face au vent. On les laisse ensuite couler jusqu’à la profondeur souhaitée, puis on les ramène rapidement en produisant des twitches nerveux, qui attisent la curiosité des truites et les invitent à passer à l’attaque !

Le matériel adapté

Pour bien animer les minnows coulants et bien retranscrire les coups de poignet, il faut une canne nerveuse et directive. Avec une canne trop « molle » ou parabolique, plus destinée au leurre métallique, les animations vont être absorbées et mal transmises au leurre. Il faudra alors forcer les mouvements ou avoir un poisson nageur coulant qui ne nage pas amplement… les deux cas sont à éviter. Pour les ruisseaux et les torrents, avec l’emploi de petits poissons nageurs (moins de 5 g), le Nylon fait l’affaire et absorbe ce que la canne nerveuse n’encaisse pas. Il évite de trop nombreux décrochés, notamment sur les pêches amont. En grande rivière, sur des pêches aval, ou en lac, la tresse offre davantage de précision dans le travail de gros poissons nageurs (plus de 5 g) ; la taille des poissons, souvent plus conséquente, pousse naturellement la canne à se courber et à encaisser le poids du poisson.

 

4 Les poissons-nageurs à grande bavette

Les minnows coulants excellent pour pêcher en amont avec une nage nerveuse. Les poissons nageurs à grande bavette, eux, excellent sur des pêches lentes et méthodiques vers l’aval. Ils évoluent dans une fourchette de profondeur précise, qu’on ajustera en levant plus ou moins la canne. Ils ne sont pas coulants mais plongeants. Ce n’est pas leur densité élevée qui les fait évoluer en profondeur, mais la force de l’eau qui s’exerce sur leur longue bavette.

La nage de ces poissons nageurs est serrée, et ils se mettent en mouvement par la simple force du courant ou lors de la récupération. L’eau exerce une pression sur leur grande bavette inclinée qui les fait plonger et nager à la profondeur voulue.

Le champion des pêches lentes

On peut ainsi pêcher très lentement, avec insistance et attractivité pour séduire dame fario, en soutenant simplement le leurre dans les veines d’eau. Concernant l’animation et la récupération, on peut se contenter de soutenir la ligne pour le laisser dériver, soit en laissant travailler seul, soit en imprimant des twitches pour le désaxer. En lac ou pour traverser un courant, on peut aussi le ramener en linéaire afin de battre du terrain. La grande bavette va aussi jouer le rôle de pare-chocs et va éviter que le leurre ne s’accroche trop au fond. Si vous grattez trop, il faudra lever la canne pour que le leurre évolue plus haut, ou alors changer votre poisson nageur pour un modèle moins plongeant.

Le matériel adapté

Comme pour les cuillers tournantes, ce type de poisson nageur tire plutôt fort dans la ligne. La bavette va opposer sa surface et son emprise à l’eau. Il faut destiner le poisson nageur à grande bavette en priorité aux pêches vers l’aval. Une canne medium encaissera les vibrations tout en permettant un pilotage précis et directif du leurre dans les courants, le faisant passer derrière les pierres avec plus ou moins d’insistance. On ne cherche pas une récupération rapide, mais plutôt à avoir du couple et du confort lorsque l’on mouline. Un ratio intermédiaire, voire faible, offrira le couple nécessaire, de la douceur et du confort. Pour les gros modèles de cette famille (plus de 70 mm), j’utilise généralement de la tresse pour ne pas avoir l’impression que ma ligne est trop élastique. Pour les modèles plus petits, un Nylon permet des animations relativement précises et encaisse la touche très lourde qui peut survenir quand la truite se saisit du leurre et pèse directement avec le courant. La canne doit avoir une action medium. Trop fast, les vibrations du leurre seront désagréables, et trop lente, vous serez moins directif et conduirez moins bien votre leurre dans les courants.

 

5 Les poissons-nageurs flottants et suspending

Tous les types de poissons-nageurs ou presque sont pertinents pour la truite à un moment ou un autre. Les poissons nageurs flottants ou suspending, de type jerkbaits, ont été de nombreuses années à la mode mais sont aujourd’hui moins utilisés, à tort. Les leurres coulants ont le vent en poupe et font injustement de l’ombre à ces leurres de densité plus faible.

Ces poissons nageurs flottent à la surface ou restent suspendus (densité neutre égale à celle de l’eau). La densité faible offre peu d’inertie, c’est-à-dire une grande facilité de mise en mouvement. Leur bavette courte et leur densité ne leur permettent pas d’évoluer en profondeur. Ils sont à réserver aux ruisseaux et aux petites rivières ou dans les zones de courants faibles en plaine. Ils sont très attractifs pour pêcher lentement et avec insistance.

Une nage très active

Ils sont frétillants et sont opérants même ramenés lentement. Cela déclenche souvent les attaques de poissons qui cèdent face à la présence de l’intrus si on insiste bien avec ce type de poisson nageur. Au championnat du monde 2019 qui s’est déroulé en France, c’est un type de pêche qui m’a plutôt réussi lors de la première manche et que certaines nations ont copié durant la seconde manche ! Il fallait alors pêcher en aval, lentement, avec un leurre très nageant et vif pour que les truites l’interceptent. Les poissons nageurs flottants sont aussi très utiles pour atteindre des postes où l’on ne peut pas lancer directement. Il suffit de les laisser dériver dans le courant vers l’aval, sous les branches, racines et frondaisons pour atteindre les postes encombrés où se mettent souvent à l’affût les poissons méfiants. Ces poissons nageurs flottants et suspending évoluent entre deux eaux. Ils sont complémentaires des leurres coulants ou à grande bavette, notamment quand on veut forcer les poissons à monter intercepter le leurre qui passe au-dessus de leur tête. Quand les truites ne réagissent pas au leurre présenté au fond dans les couches d’eau inférieures, il ne faut pas hésiter à leur présenter un leurre qui évolue au-dessus de leur tête et qui se remarque facilement. Enfin, leur nage ample et naturelle, en linéaire ou avec des jerks rapides, imite à la perfection un poisson en fuite ou en détresse. C’est le type de leurre indispensable quand les eaux sont basses, claires et le courant faible.

Faciles à mettre en œuvre

Autre point fort de ces poissons nageurs, ils sont très faciles à prendre en main même pour un débutant. Ils ne coulent pas, le risque d’accrochage reste réduit, et ils sont faciles à faire nager. Une canne medium fast fera parfaitement l’affaire. Elle devra être équipée d’un moulinet garni de Nylon, particulièrement efficace pour prospecter les petits cours d’eau.

 

6 Les micro-spinnerbaits

Les micro-spinnerbait se sont doucement fait une place dans les boîtes des pêcheurs de salmonidés. Ce leurre, à la base destiné à la pêche du black-bass et du brochet, a néanmoins tardé à convaincre pour la traque des mouchetées.

Comme ses grands frères, le micro-spinnerbait est constitué d’un lest, souvent en forme de poisson, relié par une armature coudée à une palette métallique tournante. Le lest joue les rôles de quille et stabilise le leurre. La palette, en haut, tourne alors à la moindre sollicitation grâce à un émerillon rolling. La version micro est très souvent dépourvue de jupe silicone et ne possède qu’une seule palette. Le lest ne dépasse pas les 7 g. Au-delà, il ne s’agit plus vraiment d’un micro-spinnerbait.

Un leurre tout terrain

On peut aussi souligner que l’hameçon du micro-spinnerbait n’est pas solidaire du lest. On a la possibilité d’en changer et troquer facilement le triple par un simple par exemple. Ce n’est pas le cas des spinnerbaits classiques dont l’hameçon est coulé dans la masse du lest (comme une tête plombée). Ce qui peut paraître déroutant, c’est que la palette fait seulement office d’émetteur de stimuli visuels et vibratoires, et que c’est le lest qui concentre l’attaque avec sa forme de poisson. C’est un leurre qui s’utilise comme une cuiller tournante, mais auquel je trouve des atouts particulièrement efficaces. En premier lieu, ce leurre travaille dès la descente. Le lest entraîne l’ensemble, et la palette tourne pendant la coulée. Ensuite, le micro-spinnerbait permet de pêcher plus creux, en laissant du mou dans la bannière (bannière semi-tendue). Il est parfait quand les poissons sont posés au fond et qu’il faut passer lentement près du fond.

Taillé pour les prospections actives

Par ailleurs, c’est un formidable leurre de prospection ! Par rapport à la cuiller tournante, il présente l’énorme avantage de ne pas vriller la ligne ! Il possède les atouts (stimuli forts et puissants) sans les inconvénients! Enfin, comme déjà évoqué, on peut changer facilement les hameçons. On pourra pêcher les salmonidés avec un hameçon simple, moins blessant, et faire évoluer le leurre au ras du fond sans s’accrocher. Un vrai 4x4 susceptible de répondre présent dans les cours d’eau particulièrement encombrés. En ce qui concerne le matériel, votre ensemble destiné à l’ondulante ou tournante fera parfaitement l’affaire.

 

7 Les leurres souples finesses

Dans le panel de possibilités qu’offre la pêche aux leurres souples, mon modèle favori est sans conteste le type finesse ! Il s’agit d’un leurre pisciforme dépourvu d’appendice vibratoire. La queue se termine en effet en pointe, en fourche ou en plat. On appelle aussi ce type de leurres souples des soft jerkbaits (jerkbaits souples).

Contrairement à quasiment tous les autres leurres souples, ces leurres sont capables d’évoluer dans les trois dimensions : pas seulement de haut en bas, mais aussi de gauche à droite. Montés sur une tête plombée pointue, avec une fixation sur le haut, les finesses vont nager dans toutes les directions, en étant projetés de haut en bas et de gauche à droite, tel un poisson en fuite. C’est une nage extrêmement attrayante pour les salmonidés prédateurs qui possèdent la faculté de générer des touches quand d’autres leurres plus « vibrants » n’en déclenchent pas.

Un leurre redoutable pour les gros poissons

L’animation de base consiste à laisser couler le leurre à la profondeur voulue, et à imprimer à l’aide du scion des twitches ou des jerks, assez secs, pour mettre en nage le leurre. On réalise environ trois à six animations très rapides, puis on fait une pause. Il faut à ce moment garder la bannière légèrement tendue et le contact avec le leurre. Beaucoup de touches interviennent pendant cette pause. En effet, les animations donnent des mouvements très amples au leurre qui déclenche le suivi ou la phase d’attaque. La pause offre une opportunité alimentaire au prédateur qui se saisit du leurre. La touche peut être très brutale comme quasiment imperceptible. C’est notamment le cas quand la truite attaque par-derrière et se saisit du leurre en créant un mou. Au moindre doute, ou à la moindre sensation de lourdeur, il faut ferrer fermement. Ce leurre est très pêchant et redoutable, mais s’il est l’un de mes favoris, c’est surtout pour sa capacité à déclencher de gros salmonidés. Les leurres souples finesses tirent leur plein-emploi sur les pêches amont ou en lac. En rivière, en lançant plein amont, ils virevoltent et pêchent relativement creux pour déclencher des attaques de poissons en poste. En lac de montagne ou en barrage, ils permettent de pêcher dans des zones profondes et de prospecter de forts volumes d’eau pour trouver le lieu d’évolution des poissons actifs.

Adapter son matériel

Du point de vue matériel, j’aime particulièrement les combos destinés à la pêche en streetfishing. Le scion plein offre de la sensibilité et assez de souplesse pour bien laisser les salmonidés s’emparer du leurre. Les cannes possèdent une grosse réserve de puissance et permettent de maîtriser de gros sujets combatifs. Suivant la taille des poissons traqués, de L à ML (light à medium light). En lac, une canne jusqu’à 2,40 m fera l’affaire, alors qu’en rivière, on privilégiera une canne de 2 m à 2,20 m. En moulinet, un 2000 ou 2500 sera parfait pour équilibrer le tout. Un fort ratio est à privilégier en rivière sur les pêches amont, tandis qu’un ratio intermédiaire offrira plus de confort et de douceur en lac.

 

8 Les leurres souples créatures et invertébrés

Les leurres souples forment une famille de leurres très diversifiée. On trouve toutes les imitations possibles et, parmi elles, celles très réalistes de petits invertébrés. C’est une option très efficace pour jouer non pas sur une pêche incitative, mais aussi sur le réflexe alimentaire. Les salmonidés n’attaqueront pas votre leurre en réponse à des signaux qui excitent leurs instincts prédateurs, mais considéreront votre leurre souple comme de la nourriture.

La plupart des salmonidés, truites et ombles notamment, ne sont pas uniquement ichtyophages (se nourrissant de poissons). Ils mangent aussi tout ce qui peut se trouver dans leur cours d’eau et qui représente une alimentation riche et facile : insectes, larves aquatiques et terrestres, amphibiens, écrevisses, grenouilles et têtards, souris… Il y a de quoi être imaginatif. Les imitations d’invertébrés, de larves ou de vers sont très utilisées, notamment en compétition. Chargées d’attractant, elles permettent de faire mordre et remordre des poissons très méfiants et difficiles à déclencher.

Une question de tête plombée

Pour monter ces leurres souples, présentés de manière subtile et naturelle, le top est les microtêtes plombées lestées d’une bille tungstène. C’est une tête plombée dérivée des montages de nymphe pour la pêche à la mouche. On peut d’ailleurs faire le parallèle entre cette pêche aux leurres avec certaines pêches à la mouche et pêches au toc. L’hameçon sera un simple de taille 8 à 2. La bille en tungstène est souvent comprise entre 3 mm de diamètre et 5 mm pour une masse de 0,5 à 1,5 g seulement ! La bille est collée sur une ligature au niveau de l’œillet. Le tungstène, en raison de sa densité très élevée, permet des montages discrets avec un lest peu volumineux : parfait pour une présentation naturelle et réaliste. On peut aussi directement présenter le leurre sur un hameçon simple non lesté pour que le leurre évolue en surface, ou même en wacky !

Une canne sensible

Il s’agit d’une pêche très tactile. La réussite tient souvent dans la précision de la présentation du leurre. Pour bien conduire son leurre dans les courants, une canne d’action de pointe fast, de 2 m, est un minimum suivant la configuration des postes. La plupart du temps, c’est le courant qui va amener votre leurre vers le poisson et donner vie à votre imitation. Le scion plein offre de la sensibilité et permet des animations minimalistes pour donner vie au leurre. J’utilise systématiquement du Nylon, car son élasticité permet de moins décrocher de poissons, notamment avec des hameçons simples sans ardillon. La tresse sera plus sensible et tactile mais occasionnera davantage de décrochages.

 

9 Les shads

Le shad est bien connu. Il est sûrement le type de leurre souple le plus utilisé, notamment pour sa polyvalence et sa nage attrayante.

Les shads ont dans la grande majorité une forme de poisson et ils disposent d’un paddle, c’est-à-dire un battoir. Cette queue va godiller avec une certaine fréquence et émettre des vibrations plus ou moins fortes suivant le type de shad utilisé, la forme de sa queue et la souplesse de sa matière. En général, plus le leurre est souple et le battoir caudal fin, plus les vibrations sont douces et fluides. Plus le leurre est ferme et le battoir imposant, plus les vibrations vont être puissantes. En contrepartie, pour se mettre en action, ces derniers modèles nécessiteront d’être davantage plombés et ramenés plus rapidement. Assez paradoxalement, les shads ont eu du mal à s’imposer chez les pêcheurs de truites. Il s’agit pourtant d’un leurre tout terrain très pertinent et utile dans certains cas.

Pêcher creux

Les shads peuvent être lestés en tête par un hameçon tête plombée. Ils permettent de pêcher creux dans les fosses profondes ainsi que dans les lacs. Ils sont en rivière tout indiqués pour pêcher en laissant dériver le leurre vers l’aval ou devant soi et en contrôlant sa profondeur de nage en jouant sur l’inclinaison de la canne. Le leurre passe ainsi à la hauteur souhaitée avec un parfait contrôle tout en nageant et en étant attrayant grâce à sa caudale très mobile. Le nombre de combinaisons possibles le rend très polyvalent. On peut jouer sur la plombée, la taille, la forme, la souplesse, les attractants… Les têtes plombées rondes sont passe-partout. Elles entraînent correctement le leurre vers le fond pour pêcher précisément des zones restreintes (aval de chutes, racines, blocs rocheux…). Les têtes plombées rondes s’utilisent en ramenant le leurre en linéaire lentement ou en effectuant un simple contrôle de la dérive ou en dents de scie près du fond. Les têtes plombées planantes, plus pointues, sont quant à elles plus indiquées pour les animations puissantes en lac ou en rivière de faible débit, lorsqu’il faut que le leurre soit attractif sans l’aide du courant…

Action de pointe obligatoire

Une canne sensible, d’action de pointe marquée, sera parfaite. Le shad s’utilise dans tellement de configurations différentes qu’il pourrait faire l’objet d’un dossier à lui seul. Retenez qu’une canne sensible est un plus pour bien travailler son leurre, sentir la moindre touche et se faire plaisir !

 

10 Les metal jigs

Les truites, et plus largement les salmonidés, sont bien connues pour réagir à un large panel de leurres. Terminons par un leurre qui fait peu à peu son apparition dans l’arsenal des pêcheurs pratiquant cette technique : les metal jigs. Avec ce type de leurre, vous êtes à peu près sûr de pêcher différemment.

 

L es metal jigs (jigs métalliques) sont des leurres métalliques dérivés des dandinettes à perche et des cuillers ondulantes. Ces leurres sont très populaires en mer sur toutes les espèces de prédateurs. Contrairement aux cuillers ondulantes, ils n’ont pas de silhouette galbée, mais sont plutôt droits. Ils sont constitués de plomb, d’acier, de laiton ou encore de tungstène qui les rendent très lourds et denses. Leur silhouette est pisciforme, droite, avec un côté souvent légèrement bombé. Cette asymétrie permet la nage de ce leurre à la descente en le stabilisant. Sinon, le jig risque de tournoyer sur lui-même en vrillant le fil. La grande majorité de ces jigs métalliques possède deux points d’attache : en tête, pour la ligne, et en queue pour un éventuel hameçon. Je dis bien éventuel, car, on le verra plus bas, l’hameçon peut aussi être fixé en tête.

Pas trop lourds

Les modèles adaptés à la truite mesurent entre 3 et 8 cm pour une masse de 2 à 12 g. Au-delà, cela demande un matériel plus lourd et une pêche réellement spécifique qui sera plus adaptée aux très gros salmonidés, notamment les migrateurs. Il faudra bien sûr adapter la masse et la taille aux poissons recherchés, à la configuration des postes et à la taille des proies. Si quelques modèles destinés à la truite existent, leur présence sur le marché reste très anecdotique. La plus grosse offre en matière de petits metal jigs se trouve dans le rayon des pêches en mer, notamment dans les pêches légères depuis la côte. Les jigs pour la traque du chinchard au Japon sont aussi très efficaces sur nos truites.

Les avantages des jigs métalliques

Les metal jigs ont de quoi dérouter les pêcheurs de salmonidés qui sont relativement frileux quant à son emploi. En effet, les metal jigs sont assez peu nageants. Du moins pas autant que la plupart des leurres que nous utilisons plus couramment, et l’essentiel des stimuli qu’ils émettent sont visuels. Pour les mettre en mouvement, il faut imprimer des coups de scion, plus ou moins secs suivant la forme du jig. Une action de pointe facilite l’animation. Une canne trop souple, à l’instar des cannes pour les minnows coulants, absorbera trop les animations qui ne seront pas suffisamment amples pour être efficaces. Plus le jig aura une silhouette fine, plus il aura une nage nerveuse et vive. Plus il sera large, plus il papillonnera et sera attractif à la descente, mais il sera moins nerveux et se « projettera » moins facilement. Si son emploi est anecdotique sur les salmonidés, le metal jig permet cependant de pêcher dans des conditions où d’autres sont peu efficaces. C’est vrai lorsqu’il faut lancer très loin (rivière large ou en lac) ou lorsqu’il faut pêcher très creux et profond, dans les vasques des torrents ou en lac de barrage entre autres.

L’armement

L’emploi d’assist hook va de pair avec la technique. Ce type d’hameçon est très couramment utilisé, voire systématiquement pour la pêche au jig en mer. Pour la truite, leur emploi se démocratise lentement pour armer les poissons-nageurs et les ondulantes. J’utilise ces assists pour mes ondulantes, tournantes, poissons nageurs et aussi, donc surtout, pour mes metal jigs. Ces assists sont indispensables à plusieurs niveaux pour bien pêcher au jig. Leur souplesse favorise la nage du leurre. Ils se prennent bien moins dans la ligne que des triples ou des simples conventionnels, qui font tournoyer le jig, vriller le fil et forcer lors de la récupération… Qui plus est, ils rendent le leurre complètement inopérant… Lors des touches, l’hameçon va se laisser aspirer lorsque le poisson ouvre la gueule et crée une dépression dans l’eau. Enfin, la souplesse de l’assist hook évite au maximum les décrochages intempestifs, le poisson ne pouvant pas prendre appui pour se défaire de l’hameçon

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Magazine n°122 - Mars-Avril 2021

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