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Leurre et vif : régime minceur dans les montages

Lorsque le carbone de la canne plie et que le frein du moulinet chante, le pêcheur tremble mais profite pleinement du combat avec le poisson.

Crédit photo Sylvain Russo
Une approche tout en finesse de la pêche des carnassiers peut paraître étonnante tellement il semble ancré dans l’esprit des pêcheurs qu’il faut pêcher gros et lourd. Or, une certaine discrétion dans la mise en œuvre des techniques permet de piquer des prédateurs devenus méfiants.

Avant le boom de la pêche au leurre s’était développée chez les pêcheurs au vif une approche visant à utiliser un matériel plus léger pour améliorer le confort de pêche tout en optimisant les résultats et le nombre de prises. Cette technique est peu à peu tombée en désuétude et l’approche « bourrin » est semble-t-il devenue la norme ! Pour autant, en réduisant la puissance des cannes, la taille des moulinets et des leurres ainsi que les diamètres des fils, le plaisir ressenti durant le combat est augmenté ainsi que, souvent, la prise de poissons.

Sylvain adore combattre les poissons sur un équipement assez léger. Les sensations sont forcément plus intenses !
Crédit photo : Sylvain Russo

Un effet de mode

Les techniques venues des pays scandinaves, désormais à la mode, impliquent de pêcher le carnassier avec un matériel lourd. On le voit, nos homologues danois ou suédois aiment pratiquer avec des leurres énormes sur un matériel adapté à ces fameux « bigbaits ». De nombreux pêcheurs français pensent désormais qu’il est aberrant de vouloir capturer un brochet avec un moulinet casting en taille 200 et une canne d’une puissance de 10 à 30 g, ce qui était pourtant la norme il y a vingt ans. Relativisons un peu car nous n’avons pas le même biotope en France qu’en Suède et la très grande majorité de nos brochets peuvent largement se pêcher en spinning avec un moulinet en taille 2500. Nous ne courrons pas tous après les records et les poissons de plus de 120 cm… Notre pays offre aux pratiquants de belles zones de pêche mais peu permettent la prise de très gros poissons. Les tailles moyennes des captures se situent entre 70 et 80 cm pour le brochet, 60 cm pour le sandre et 30 cm pour la perche.

Une approche plus fine et discrète est souvent une bonne option en plein été, lorsque les sandres sont méfiants dans les eaux claires.
Crédit photo : Sylvain Russo

Adaptez la taille des leurres

Tenter un sandre avec des leurres souples de trois pouces, environ 7,5 cm, n’est donc pas si bête. Un autre élément plaide en la faveur des petits leurres, c’est la saisonnalité. En été et en automne, les carnassiers se nourrissent en majorité de la fraie de l’année, et les poissons blancs visés n’atteignent que rarement dix centimètres fin septembre, alors pourquoi s’évertuer à utiliser des modèles de douze ou quatorze centimètres pour traquer les sandres ou les belles perches alors que des leurres de sept à dix centimètres seraient plus pertinents ? Il en va de même avec la puissance du matériel mis en œuvre. Pour faire une analogie grossière, on pourrait dire qu’on ne chasse pas le chevreuil avec une carabine à éléphant ! Il en va de même à la pêche, pourquoi s’évertuer à pêcher les perches avec une canne ML alors qu’une UL vous apportera un plaisir décuplé lors du combat et sera mieux adaptée en matière de puissance avec les leurres utilisés. Certains pourront rétorquer qu’avec une canne puissante on « sèche » plus vite le poisson mais on perd alors énormément de plaisir en treuillant littéralement sa prise. Le drop shot est vraiment la technique qui se rapproche le plus de l’esprit finesse. En utilisant un matériel léger, il arrive souvent de piquer de beaux poissons.

Les pêches de surface offrent des touches extraordinaires. Là aussi un leurre de taille moyenne suffit largement.
Crédit photo : Sylvain Russo

Privilégiez du matériel de qualité

De réels progrès ont été faits ces dernières années concernant les blanks des cannes et la pignonnerie des moulinets. Pour peu qu’on investisse dans du matériel de moyenne gamme, on aura affaire à des cannes possédant une grande réserve de puissance et des moulinets de taille moyenne avec des freins capables de contrer le plus joli des brochets. Fini le rotor qui se plie et frotte sur la bobine, fini l’axe du moulinet qui se fausse, fini le blank qui arrive rapidement en fin de course. Il en est de même pour les tresses qui, avec les nouvelles 12 brins, atteignent des sommets dans le rapport diamètre/résistance. On peut donc sans aucun problème se mesurer aux carnassiers courants avec une canne spinning en ML et un moulinet en taille 2500. L’emploi de bas de ligne en fluorocarbone ou en copolymer de fort diamètre ne se justifie que pour l’utilisation de très gros leurres. Avec un leurre de taille plus modeste sa nage sera bridée, mieux vaut alors employer une tresse armée ou du titanium pour le brochet et un fluorocarbone de 0,25 à 0,27 mm pour le sandre.

Et les appâts naturels ?

Il n’y a guère qu’à la truite où la finesse semble encore de rigueur quand on la pêche aux appâts naturels. Personne ne sourira avec condescendance si vous annoncez la traquer avec un bas de ligne en 0,12 mm, pourtant capable d’une résistance d’un kilo ! Imaginez un instant annoncer pêcher le sandre au vif avec un bas de ligne de 0,16 mm, c’est pourtant ce que beaucoup de pêcheurs faisaient dans les années 1990. La finesse dans le matériel et les montages se retrouve partout, pêche de la carpe, au coup, à l’anglaise et au feeder mais pas au carnassier. Pourquoi ? Au vif, vous aurez d’excellents résultats au flotteur avec une canne anglaise et en plombée avec une canne feeder équipée d’un moulinet débrayable en taille 2500. La canne feeder possède en outre ce gros avantage de vous annoncer la touche en direct grâce à la flexion du scion. Vous pourrez ainsi ferrer rapidement pour piquer le poisson au bord des lèvres si vous souhaitez le relâcher dans de bonnes conditions. La finesse est avant tout un état d’esprit qui met en avant le côté ludique de la pêche grâce à un équipement plus léger. Qui plus est, en affinant vos montages, il devient alors plus aisé de leurrer des poissons devenus méfiants avec le temps. À bon entendeur !

Les carnassiers à la canne feeder

Une canne feeder vous permet de détecter la moindre touche tout en vous laissant la possibilité de combattre un poisson correct. Les cannes conçues pour les carpodromes sont parfaites pour la pêche du sandre. Une longueur de 3,60 m et une puissance de 60/80 g vous permettront de propulser un vif et un plomb poire à plus de 50 m. Vous pourrez même lancer un montage vif équipé d’une cage feeder remplie d’amorce pour rassembler les blancs autour de votre appât ou remplie d’un morceau de mousse imbibé d’attractant à carnassier. Le scion très sensible indiquera le moindre coup de nez.

 

 

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Brochets, Sandres, Perches

Magazine n°937 - Juin 2023

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