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Crankbait et attractant, duo gagnant

Crédit photo Lilian Fautrelle
L’hiver est maintenant bien là. Coupler les gros stimuli vibratoires émis par un crankbait et la puissance olfactive d’un bon attractant est une excellente approche qui peut rapporter gros.

L'hiver, avec ses eaux si froides, n’est pas forcément la période la plus propice pour traquer le silure. Pour beaucoup, les percidés sont alors les cibles privilégiées, le silure n’étant pêchable qu’à la belle saison ou en cas de crue.

Un peu au ralenti

Dans des eaux à moins de 7°C, le métabolisme des silures est certes drastiquement ralenti. Ils sont moins actifs, se déplacent moins facilement, moins rapidement, et leur temps de digestion est considérablement rallongé. Mais ces paramètres, a priori défavorables, il est possible d’en faire des axes de réflexion forts permettant de croiser malgré tout quelques gros colosses d’hiver. Car métabolisme ralenti ne signifie pas métabolisme à l’arrêt et la possibilité d’exploiter quelques fenêtres d’activité hivernale existe bel et bien. Sans doute en raison d’une vitesse de digestion modérée, il n’est pas rare de trouver de petites voire très petites proies dans les contenus stomacaux à cette saison. Les grands rassemblements de ces petits poissons fourrages sont la garantie de trouver quelques calories faciles, tout en évitant une grosse dépense énergétique.

Les choix de Lilian
Crédit photo : Pierre Fernandès

Pas plus de 10 cm

Exit donc ici les montures imposantes et les bouchées de 25 cm aux armements XXL. Place à des leurres de taille au plus proche de ces petites proies naturellement capturées par les silures en eaux très froides : de 5 à 10cm maximum. Si psychologiquement, utiliser un leurre de 5 cm pour traquer un poisson de plus de 2 m vous perturbe, inutile de consulter un thérapeute : voyez avec nos amis pêcheurs de sandres qui se font régulièrement exploser par les silures sur des leurres de 3 pouces…

Un métabolisme réduit n’a pas empêché ce silure de coffrer ce crankbait sur un simple petit pic d’activité.
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Un grand plongeur

À partir de là, l’objectif est de mettre en œuvre quelques astuces pour faire en sorte que la présentation se démarque des proies naturelles. Il faut inciter les silures à taper sur votre présentation plutôt que dans les bancs de fourrage. Générer de fortes vibrations, malgré une faible voire très faible vitesse de déplacement linéaire, en est une. C’est pour cette raison que j’opte très souvent pour un crankbait grand plongeur, d’une taille de 5 à 10 cm donc, capable ainsi de descendre et de nager dans 5 à 8 m de profondeur. Mais pas question d’animer ce crankbait comme en plein été. Les déplacements des silures sont beaucoup plus lents, plus restreints, et ils feront moins de distance pour intercepter un leurre qui passe vite. La bonne nouvelle dans tout cela, c’est que cette relative léthargie a tendance à les confiner durablement sur des zones bien définies et plutôt rétrécies. Pas question pour nous d’en bouger non plus ! En hiver, l’idée est de trouver une ou deux de ces bonnes zones, puis d’insister, insister et insister encore jusqu’à ce qu’un individu craque sur un petit pic d’activité. Le crankbait a cette qualité d’être facile à mettre en œuvre. On lance loin derrière la zone cible, on récupère rapidement cinq premiers tours de bobine pour faire plonger le leurre avant de ralentir. Le leurre ayant atteint la profondeur voulue, je fonctionne en hiver avec une routine simple, que j’appelle « 3-2-1 » : 3 tours de manivelle, 3 s de pause, 2 tours, 2 s de pause, un tour, 1 s… et je recommence à 3.

Pas toujours simple de repérer les tenues de poissons qui se déplacent peu en hiver.
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Les attractants

Chaque passage est donc insistant mais, pour marquer encore un peu plus les zones à pilonner, nous disposons d’un atout supplémentaire pour inciter les poissons à passer à table : les attractants. Habituellement, je n’en suis pas très fan, avouons-le. Ça colle aux doigts, ça sent mauvais, il est compliqué de s’en débarrasser même en plongeant les mains dans l’eau. Mieux vaut ensuite ne pas se toucher les yeux ni tripatouiller son sondeur. Bref, quand je peux éviter… j’évite ! En eaux chaudes, je doute de l’intérêt réel de ces produits sur des pêches de réaction, forcément très rapides. Non pas en raison de la qualité de tel ou tel produit, dont je ne doute pas, mais de la stratégie mise en œuvre.

La spatule Fiiish permet de bien appliquer l’attractant. L’œil offre les aspérités idéales pour retenir le gel.
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Saturer la zone

En fait je n’utilise ces attractants qu’en hiver où je suis bien obligé de reconnaître leur efficacité. Car, pour ces approches insistantes, c’est vraiment une tout autre histoire. Je ne conçois pas attaquer un spot sans une bonne dose d’attractant. Les eaux froides ralentissent considérablement la diffusion de ces composés. Il est donc primordial de ne pas perdre de temps dans leur mise en œuvre. N’oublions pas que les silures goûtent et analysent l’eau en permanence mais aussi qu’ils se déplacent moins volontiers. Il faut donc saturer toute la zone ciblée afin que ces fragrances parviennent jusqu’à leurs moustaches pour espérer créer un petit sursaut d’activité, en réponse à ces stimulations gustatives et olfactives. Des semaines entières, avec un ami pêcheur, sur un même bateau, nous nous sommes amusés à comparer nos résultats, l’un pêchant avec et l’autre sans attractant, en inversant régulièrement les rôles. Résultat des courses, il n’y a pas photo : celui qui n’utilise pas l’attractant fait de la figuration et regarde systématiquement l’autre rentrer les beaux poissons au bateau !

À la pêche, existe-t-il meilleure façon de se réchauffer en plein hiver ?
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Quel attractant

Gel ou liquide, j’utilise les deux formes d’attractant, parfois simultanément. J’enduis mon crankbait d’un produit en gel toutes les vingt minutes. Cela ne m’empêche pas de le tremper, avec le bas de ligne qui s’en imprègne mieux encore, dans un attractant liquide toutes les cinq à dix minutes. Ce trio de choc crankbait + attractant en gel + attractant liquide donne un cocktail étonnant et détonnant qui vous rapportera, à vous aussi j’en suis persuadé, le beau colosse d’hiver tant attendu.

Le choix des coloris

Dans ma boîte, je prévois pour l’hiver un joli panel de crankbaits avec une longue bavette, certains plongeant à 5 m et d’autres plutôt vers les 6-8 m. Mais en général, je ne me focalise pas spécialement sur les couleurs. Je les classe en trois catégories simples: des coloris pastels naturels pour les eaux claires et basses, des fluos flashy et des noirs-ocres (type écrevisse) pour pêcher les eaux tourbées à très chargées.

Quelques références

L’offre est très vaste et je reste fidèle à ceux qui m’ont apporté quelques bons résultats.

  • Les gels : Nitro Booster Sardine Cream (Illex), Attractant Arôme Poisson (Fiiish).
  • Les liquides : Trump (Sawamura), Baku-Ru Formula (Madness), Shrimp Super Gel (Pro-Cure)

 

 

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