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Jerkbait, crank, longbill minnow, lipless : pêcher le silure aux leurres dès l'ouverture

Ce petit silure de début de saison a craqué sur un jerkbait bien manié

Crédit photo Lilian Fautrelle
Pour multiplier les touches et retrouver très rapidement les grosses frappes qui lui ont tant manqué, Lilian Fautrelle, dès l’ouverture, n’hésite pas à parier sur les leurres durs. Jerkbaits, crankbaits, longbill minnows, lipless, les silures répondent présent !

Avec l’ouverture du brochet, nous pouvons enfin pêcher de nouveau aux leurres. Au printemps, ma quête va toujours vers les premières grosses châtaignes, bannière en tension, canne en main. Peu m’importe la taille des prises, je cherche la touche. Que les silures soient en appétit ou non, en déplacement, plaqués sur le fond ou au cœur des obstacles, ce qui permet d’aller les débusquer en provoquant des touches monstres, ce sont les leurres durs : crankbaits et lipless, bien sûr, mais aussi jerkbaits et longbill minnows. En lancer-ramener, en traction ou sous le simple effet du courant, ils déplacent suffisamment d’eau pour attirer les silures, très sensibles aux vibrations et aux turbulences. Ces derniers sont capables de repérer des proies de fort loin, y compris dans l’obscurité. Il n’y a donc aucune raison valable qui les rendrait insensibles aux leurres durs.

À l’arrivée du printemps, un jerkbait de bonne taille est une bouchée suffisante pour déclencher un silure.
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Les leurres de surface

Les leurres flottants permettent de jouer avec la surface de l’eau. On peut ainsi faire du bruit et générer de grandes gerbes avec un popper ou déplacer beaucoup d’eau avec un crawler. Très riche en sensations fortes, sa rentabilité n’est hélas pas au top à l’ouverture, c’est encore un peu tôt dans la saison pour cette pêche pleine de sensations. Néanmoins, je garde toujours un leurre de surface dans ma musette avec, depuis quelques années, un petit faible pour le Whopper Poppler (River2Sea).

Pour les renforcer, sur tous mes leurres durs, systématiquement, je remplace les armements d’origine par des modèles d’hameçons de taille identique, mais avec une ou deux forces de fer en plus. Pour les anneaux brisés, cela dépend des leurres : je le fais de manière quasi systématique sur les références prévues pour l’eau douce, plus occasionnellement sur les modèles orientés mer.
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Les jerkbaits

Mais au mois de mai, pour pêcher haut dans la couche d’eau, je préfère viser la subsurface aux jerkbaits, surtout si certains cyprinidés ont commencé leur rassemblement d’avant reproduction sur les bordures. J’apprécie de plus en plus ces leurres sans bavette pour rechercher rapidement les poissons retranchés dans des anses peu profondes, ou postés dans les herbiers derrière les premiers gros bancs de brèmes. Massifs et volumineux, les jerkbaits vibrent peu voire pas du tout mais poussent énormément d’eau. Ces leurres sont pourtant sous-exploités, à tort de mon point de vue, par les pêcheurs de silure. Ils sont pourtant synonymes d’une présence volumineuse qui déambule lentement de manière nonchalante et provocatrice. Mes animations pour chercher les silures sont tranquilles, ressemblant plus à des glissades en stop & go paresseux. Je fais glisser mon leurre lentement sur un bon mètre, puis je marque une bonne pause d’au moins une seconde. Je préfère ça à un walking the dog (nage en S très serrée), avec des jerks très secs et cadencés. J’apprécie particulièrement certains leurres comme le Slider (Salmo), le Fatso (Salmo) ou le très célèbre Buster Jerk (CWC). De nombreux leurres artisanaux sont également excellents, le jerkbait étant l’un des modèles incontournables chez tous les crafteurs. En jouant avec les différentes densités, je peux prospecter le premier mètre d’eau sous la surface.

Dès qu’il faut descendre un peu dans la couche d’eau, on sort le crankbait.
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Les crankbaits

Pour aller voir plus bas, à partir de 2 m, je vais opter pour un leurre à bavette, type crankbait ou longbill minnow. Le crankbait est une sorte de 4x4, capable de passer presque partout, incontournable pour la pêche du silure. Ce leurre se caractérise par un corps rondouillard d’une dizaine de centimètres prolongé d’une bavette large. Ne vous méprenez pas sur sa relative petite taille, c’est un très gros générateur de vibrations. Pour ma part, je n’utilise que des modèles dits deep runner, c’est-à-dire grand plongeur, même pour pêcher dans deux mètres d’eau. J’ajuste la profondeur de nage en jouant avec l’inclinaison de ma canne, l’épaisseur de ma tresse et la vitesse de récupération.

C’est un vrai gros défaut sur les crankbaits lorsque l’on s’adresse au silure. Selon l’angle d’attaque et l’intensité du coup de mâchoire, et la zone de frappe sur la gueule, les gros silures parviennent parfois à arracher carrément la bavette du corps du leurre à la touche. Cela témoigne certes de la qualité de la touche, mais ces leurres n’ont malheureusement qu’un point d’attache pour la ligne, situé… sur cette bavette !
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Quand on ramène un crankbait, sa position de nage lui permet de dégager les armements et si besoin de venir racler obstacles et substrat sans accrocher. Son utilisation est suffisamment simple pour permettre aux débutants de tirer leur épingle du jeu, mais peut être aussi très subtile, pour offrir à un expert une palette de variantes techniques idéales permettant d’affiner bien des petits détails d’animation. Dès que j’aborde une zone étendue, profonde de plus de deux mètres, avec un fond sableux, rocailleux ou jonché de bois morts, j’opte pour ce type de leurre. Mes préférés sont le Golem 800 (Sakura), le Hornet (Salmo) ou le Dives-To 16 (Rapala). Si en temps normal, j’ai une préférence pour les modèles silencieux, à cette époque particulière qu’est celle de l’ouverture, je n’hésite pas à tenter un modèle bruiteur, type Clackin’ Crank DD (Rapala).

Le longbill minnow est un cousin assez méconnu du crankbait, pourtant redoutable sur le silure.
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Les longbill minnows

Comme le crankbait, le longbill minnow est lui aussi muni d’une longue bavette capable de le faire plonger profondément. En revanche, son corps mince et effilé tranche avec la silhouette trapue de son cousin. Mes références sont le Crystal Minnow DD (Yo-Zuri) ou le Deep Thunder (Storm). Je l’apprécie tout particulièrement car, entre crankbait et jerkbait, il permet une grande diversité d’animations. D’un côté, avec sa bavette, il développe comme le crank une nage très serrée générant de très fortes vibrations en récupération linéaire. De l’autre, avec son corps élancé, le longbill se prête tout à fait à des stop & go et des glissages lentes à la canne, presque à la manière d’un slider, mais dans des profondeurs bien supérieures. En version flottante ou suspending, les longues pauses pendant lesquelles le longbill remonte voire recule légèrement sur un rendu sont des déclencheurs redoutables !

Le lipless est un classique pour les grands fonds et les cassures abruptes
Crédit photo : Lilian Fautrelle

Les lipless

Les jerkbaits, crankbaits ou longbill minnows ont besoin d’horizontalité pour s’exprimer. Leur action principale et leur trajectoire plongeante sont liées à une progression linéaire, qu’elle soit imposée au moulinet ou à la canne. Difficile donc, avec ces types de leurres, de prospecter efficacement les cassures et les tombants raides alors que ceux-ci sont des postes de choix, abritant souvent des silures au repos. Pour obtenir cette verticalité – et être donc à l’arrivée d’une totale polyvalence en pêchant aux leurres durs –, j’utilise systématiquement des lipless, comme l’excellent Flatt Shad 124 (Sébile), par exemple. Ces leurres dépourvus de bavette, comme leur nom l’indique, sont caractérisés par un point d’ancrage situé sur le dos, une forme approximative de poisson fortement arrondie et deux grands flancs relativement plats. Comparativement aux modèles précédents, les lipless sont très denses et on peut donc les laisser descendre à l’aplomb pour prospecter avec minutie les tombants les plus abrupts. Je réalise l’animation à la canne, succession de tirées et de relâchés. La prospection est ainsi bien plus verticale et permet des actions insistantes au plus près des cassures. Rien de mieux pour enregistrer la première touche foudroyante de la saison !

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Magazine n°912 - mai 2021

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