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Atlas Fishing

Le lac de Bin El-Ouidane n'est plus à présenter. Son paysage très singulier ancré dans les montagnes de l'Atlas marocain, sa terre rouge, sa météo changeante d'une heure à l’autre, ses orages puissants notamment au printemps et évidement les belles carpes qui y nagent ont forcement éveillé l'intérêt des pêcheurs depuis le début des années 2000. Ce lieu continue d'attiser la curiosité des pêcheurs et les mêmes questions reviennent fréquemment concernant le matériel à emporter, les démarches administratives et toute la logistique ... Je vais essayer à travers ces quelques lignes de vous expliquer comment organiser ce type de voyage.

Le lac est géré par un tour-opérateur qui se charge d'organiser le séjour des pêcheurs. C’est le responsable de l'antenne d'Angleterre Sam Jefferys qui m'avait contacté en fin d'année 2018 pour me proposer de venir découvrir les lieux et de médiatiser le voyage en échange. Ayant accepté très rapidement celui-ci m'a mis en relation avec le responsable de l'antenne France, Emmanuel Walt, que je n'ai certainement pas besoin de présenter. C'est avec son aide j'ai pu rapidement connaître tous les rouages permettant d’organiser au mieux une telle expédition.



L'administratif

Commençons par la paperasse. Il a fallu évidemment se munir de nos passeports à jour. Si vous ne l'avez pas il est important de s'y prendre en avance et de remplir le dossier auprès du service spécialisé de votre mairie. Une fois cette procédure faite il est temps de choisir comment voyager .Si comme la plupart des pêcheurs vous choisissez l’avion il sera temps de prendre votre billet. Pour ma part je suis toujours passé par Royal Air Maroc. Il est possible de bénéficier de prix intéressants si on s'y prend en avance. Mais vu la situation actuelle à cause du covid-19 il est possible que les prix changent fortement à l'avenir. Sachez que cela nous avait coûté environ 400 € chacun en 2019. Si vous décidez de vous y rendre avec votre propre véhicule, il faudra prévoir le budget d'essence et de péage jusqu'au sud de l'Espagne puis le billet pour prendre le ferry et à nouveau l'essence et le péage au Maroc. C'est bien sûr plus coûteux mais cela vous permet de prendre votre matériel et de grandes quantités d'appâts.

L'organisation matériel

Le tour-opérateur "Morocco Carp" vous met à disposition une grande partie du matériel : Bivouac, bed, level, cannes à pêche, tapis de réception, épuisette, sac de conservation, et en option vous pouvez louer un bateau, avec échosondeur et moteur électrique. Si vous prenez l'avion vous serez limité par le poids avec un bagage à main de 10 kg et un bagage en soute de 22kg autorisés. Un bagage supplémentaire du même poids est possible moyennant un paiement additionnel d'environ 50 €. Nous avions pris chacun notre sac de couchage, nos moulinets, détecteurs, petit matériel , appareils photo et bien sûr vêtements ... (attention aux drones à la douane , ils sont strictement interdits au Maroc sauf dérogation pour les professionnels. Les cameras peuvent aussi être bloquées car il est interdit de filmer au Maroc sans autorisation) Pour les appâts la plupart des pêcheurs se contentent d'acheter des grands sacs de maïs une fois sur place et des bouillettes artisanales produites localement par tranche de 5kg ... En prenant un bagage supplémentaire chacun avec Khalid nous avions pu emmener environ 50 kg d'appâts.

La version baroudeur en voiture présente quant à elle des avantages. Le voyage coûtera plus cher et sera plus long cependant il permettra d'emporter avec soi son propre matériel et bien sûr de grandes quantités d'appâts. Certains pêcheurs souhaitent vraiment utiliser leur propre bouillettes et malheureusement les frais d'expédition au Maroc reviennent trop cher quand il s'agit d'expédier une cargaison de 100 ou 200 kg... Si je parle de quantités aussi importantes c'est que ce type de lac demande énormément d'appâts pour pouvoir espérer bloquer les poissons quelques temps sur votre secteur. La reproduction naturelle des carpes se passe à merveille et les petits carpeaux de 500 g à 1 kg sont très nombreux et difficile à calmer. Je pense que seules de grandes quantités d'appâts de diamètre important peuvent permettre de pallier ce problème. D'ailleurs j'ai pour projet de revenir avec mon propre véhicule dès que les frontières seront à nouveau ouvertes (Covid-19) ...


Si vous arrivez au Maroc en avion vous aurez le choix de l'aéroport : Casablanca ou Marrakech duquel un taxi mandaté par le tour opérateur viendra vous récupérer et vous acheminer jusqu'à l'Hôtel Bin El-Ouidane tenu par Hamid Ouallam et sa famille. Hamid se partage la gestion de la structure Morocco Carp avec Michael Johansson. Quel que soit votre choix vous serez obligé de passer par le tour-opérateur une fois arrivé au lac pour avoir le droit d'y pêcher.

Le déroulement

Suivant l'heure de votre arrivée vous pourrez aller directement sur le poste de pêche que vous aviez réservé. Avec Khalid nous avions décidé de consacrer la première journée au repérage. Le lac n'était pas complet et beaucoup de postes étaient disponibles, nous avions encore le choix. Comme chaque fin de matinée les intendants de Morocco Carp prennent le bateau pour acheminer la nourriture sur chaque poste nous avions décidé de les accompagner afin de prendre la température avec les pêcheurs déjà en place et essayer d'apercevoir un peu d'activité ci et là. Je conseille à tous les pêcheurs de procéder de la sorte si le lac n'est pas complet. Il est possible de choisir un nouveau poste à votre arrivée bien que vous en ayez réservé un à l'avance. Il faudra juste prévenir votre agent afin qu'il n'installe pas les bivouacs avant le jour J. Cela permet de mieux choisir sa pêche comme on le ferait sur un grand lac français.


Une fois sur le camp !

Une fois le secteur choisi les intendants installent le campement à votre convenance. Le bateau ainsi qu'une batterie pleine sont mis à disposition si vous en avez fait la réservation. Tous les jours la batterie sera remplacée et il est possible de demander un gros power bank pour recharger les téléphones. Un repas chaud est livré en fin de matinée accompagné d'un repas froid ou à réchauffer pour le soir. C'est le moment aussi de passer des commandes éventuelles pour des options telles que vos gâteaux préférés, vos boissons, cigarettes, bouillettes et autres qui vous seront livrés le lendemain.

La session


C’est en 2019 que nous découvrons Bin El-Ouidane avec mon ami Khalid Chaoui. Nous avions déjà vécu une première aventure sur les terres marocaines quelques mois plus tôt. (Voir l'épisode 4 IN THE GAME de ma chaîne YouTube) Et bien que les deux destinations se trouvent dans l'Atlas elles sont totalement différentes halieutiquement parlant, et forcément découvrir un nouveau terrain de jeux ajoutait une dimension d'aventure à ce voyage.



L’arrivée

Nous sommes arrivés dans la nuit et avons profité d'un accueil chaleureux dès notre arrivée à l'hôtel de Bin El-Ouidane. Le Repas nous fut proposé et nous avons pu prendre possession de l'appartement qui nous a été mis à disposition. Il était déjà tard et donc impossible de se rendre compte du paysage qui nous entourait. Nous sommes donc allés nous coucher car une journée importante allait se dérouler le lendemain. Dès le matin, après avoir déjeuné à la marocaine dans le restaurant de l’hôtel qui surplombe le lac. Nous rencontrons Grant et Larsen qui font aussi partie de l'équipe qui achemine le matériel, les batteries et les repas.



C'est parti, nous sommes remontés comme des pendules et nous scrutons les moindres détails qui nous permettront de faire le bon choix. Nous avons visité plusieurs secteurs y compris la célèbre " baie des français " et finalement c'est la pointe « KWINT’S CITY » qui a retenu notre attention pour plusieurs raisons. La première c'est que le poisson est sur place. Il faut prendre en considération que nous ne connaissons pas le lac et que nous sommes là pour une dizaine de jours, donc savoir où le poisson se trouve et déjà un bon point. L'équipe qui est en place réussit à faire du poisson régulièrement et la fin de leur séjour est prévue pour le lendemain.
La pointe nous permet de pêcher vraiment en éventail et la configuration des fonds nous inspire. Et partant du principe que ces pêcheurs ont amorcé depuis une dizaine de jours ce ne serait qu'une continuité en termes de maintien du poisson sur la zone. Nous sommes limités par le temps, le lac fait tout de même plus de 2000 hectares et la saison du frai approche à grands pas. Cette décision a été prise après avoir visité plusieurs postes où certains ont aussi fait du poisson mais où la configuration des berges et des fonds était moins intéressante pour une pêche en binôme.

Le Jour J

Le réveil sonne il est l'heure d'embarquer et rejoindre notre poste. Il est temps de tout préparer, que se soient nos montages, lancer la cuisson du maïs, parler de notre stratégie d’amorçage, du placement de nos cannes, échosonder la zone, bref la journée sera mouvementée.


Nous avons décidé avec Khalid d'alterner nos huit cannes déposées en éventail à près de 300 degrés car nous sommes sur une pointe encore noyée quelques semaines plus tôt. Globalement nous testons un peu toutes les profondeurs et si les poissons sont mordeurs nous devrions avoir autant de chances de les capturer l'un que l'autre. Pour ma part j’opte pour une dépose précise en bateau et Khalid se contente de lancer du bord ...

J'ai enregistré le premier départ à la tombée de la nuit. Une petite carpe ne devant pas dépasser les 500g. Puis Khalid quelques heures plus tard capturera le premier beau spécimen, un poisson aux alentours de 14 kg. Nous sommes confiants la session commence plutôt bien. Mais étant exténués de ce voyage nous irons nous coucher rapidement et plus rien ne se produira cette première nuit.

Premier réveil sur le lac

Le soleil est présent et nous profitons de ce paysage unique. Nous prenons le temps de faire quelques photos du poisson de Khalid et de discuter de notre stratégie en prenant un petit déjeuner. Nous savons que le poisson est très mobile sur ce lac et qu'il est très difficile de le conserver sur la zone. Nous avons avec nous une quarantaine de kilos de billes de mon sponsor, 100kg de maïs et une dizaine de kilos de bille artisanales locales. Nous décidons le premier jour de mélanger les billes qu'elles ont l'habitude de consommer tout au long de l'année avec nos billes venues d'Europe pour essayer de générer le moins de méfiance possible et espérer les faire basculer petit à petit sur nos appâts plus nutritifs. Nous préparons des spots composés de 3 kg d'appâts (70%graines 30% billes) . Je répartirai ces 3 kg sur une zone de 10 m² à chaque fois autour de mon montage.



Les jours suivants Khalid continue à capturer quelques beaux poissons et moi uniquement des carpeaux. Pourtant nous pêchons à l'identique, les mêmes distances et profondeurs. Mais c'est aussi ça la pêche, il faut accepter les coups du destin (rire).... Nous passerons la moitié du séjour sur cette pointe et malgré quelques tentatives d'amorçage plus conséquent rien ne se déclenchera de mon côté. Seul un poisson plus trapu d'environ 10 kg égaillera cette première partie de l'aventure marocaine. Quant à Khalid il capturera plusieurs beaux spécimens sur des déposes aléatoires en lançant du bord en amorçant au cobra quelques bouillettes autour de ses montages et ça lui réussit plutôt bien …

Après ces quelques jours le secteur est devenu moins productif et le poisson semblait avoir quitté le secteur. Aujourd'hui avec le recul je me dis que notre méfiance nous a certainement conduit à ce résultat moyen. Les poissons étaient présents avant notre arrivée et l'équipe en place amorçait copieusement à la graine depuis déjà une semaine. Nous avons pratiqué une pêche au spot qui nous a permis de capturer quelques poissons mais je suis persuadé que le maintien d'une cadence comparable à celle de nos prédécesseurs aurait donné plus de résultats. La présence des petits poissons nous a rendu réticents à utiliser du maïs, mais après coup je me dis que cela faisait partie du jeu et qu’au milieu il devait y avoir quelques belles dames, puisque Khalid en avait capturé quelques-unes. L’utilisation massive du maïs aurait excité un peu plus les carpettes mais certainement gardé plus longtemps les belles marocaines que nous étions venus chercher...

Arrivés au cinquième jour

Nous n'arrivions plus à générer de capture et nous avons pris la décision de changer de poste avec aussi l'envie de découvrir d'autres parties de ce magnifique endroit. J'ai donc demandé aux intendants de me récupérer en bateau pour les accompagner dans leur tournée, tandis que Khalid finissait de plier le matériel. J'ai pu visiter les équipes en place et avoir quelques informations. Un couple d'Allemands pêchait une mise à l'eau et arrivait difficilement à déclencher des touches. Sur la baie des français énormément de petits poissons se faisaient capturer. L'entrée de cette baie m'avait inspiré à première vue mais cela aurait forcément impacté les pêcheurs qui étaient en place et réduit leur chance de voir les poissons rentrer plus profondément dans leur direction. Le lac est assez grand donc je ne vais pas faire ce que je n’apprécierais pas à mon égard. Malheureusement je ne pouvais pas aller visiter le lac en direction du barrage je n'ai pu voir que les lieux où nous allions distribuer les repas aux équipes en place.



La dernière équipe était des Hollandais que nous avions visités le premier jour de notre arrivée sur le poste de Fati. Une partie du lac très différente de celle que nous pêchions à l'arrivée de la rivière "Asif Ouirine", la zone la plus étroite du lac ancré entre les falaises. Surprise ! à peine arrivé sur la zone j'aperçois le saut d’un poisson avoisinant les 13 kg. Ce fut le seul saut de tout le séjour que j'aperçus il n’en fallut pas plus pour générer en moi énormément d'intérêt pour ce secteur. C’est très étroit et ressemble à une pêche de rivière sans le courant et donc pour pêcher à deux il y a toujours ce risque omniprésent que le poisson soit intercepté par le pêcheur de droite ou de gauche ce qui peut être problématique pour une pêche en binôme.



Comme un coup du destin cette équipe finissait son séjour. Ils m'informèrent que seul le pêcheur de droite avait réussi à faire quelques poissons et qu'ils avaient amorcé environ 5 à 10 kg de bouillettes par jour depuis plus d’une semaine. Après avoir fait part de mes observations à Khalid il accepta. Cette fois-ci nous avions décidé de pêcher chacun de notre côté et de tirer à la courte-paille celui qui se positionnerait à droite ou à gauche. J'obtenais le poste de gauche et Khalid celui de droite. Puisqu'il s'agissait d'une pointe nous ne voulions pas bloquer le poisson et nous avons décidé de positionner les cannes en éventail sans dépasser le lit de la rivière et de placer en extrême bordure les cannes les plus en aval.

Chacun son tour

Dès la première nuit la tendance s’inversa. Les poissons semblaient répondre plus favorablement sur mon spot que celui de Khalid malgré la faible distance entre les deux. J'avais à l'aide de mon sonar positionné mon montage sur le nez d’une cassure qui passait brusquement de 7 à 9 mètres. Khalid avait posé un de ses montages sur la même configuration de fond 30 mètres à ma droite et nos autres montages étaient placés en bordure pour laisser le champ libre aux poissons.

Les 5 jours qui se déroulèrent furent sensiblement les mêmes. Khalid réussit à capturer quelques poissons mais sur mon poste j'ai eu le plaisir de capturer plusieurs belles communes allant de 10 à environ 18 kg. J'arrivais en moyenne à capturer un poisson toutes les 24 heures et principalement la nuit. On mélangeait mes bouillettes avec la recette carnée de Morocco carp en 24 mm et on répartissait environ 4 kg d'appâts par jour sur une zone de 10 mètres carrés autour de nos spots. Les autres montages étaient alimentés de façon homéopathique de quelques bouillettes et graines. La météo était très changeante lors de cette deuxième partie du séjour, orage, pluie, vent, brouillard et même neige sur les sommets. Ce n'est que le dernier jour où le soleil marocain reprit possession des lieux ce qui éveilla l'appétit des poissons. Alors que nous faisions nos sacs en attendant le bateau, les rushs s'enchaîneront. Près de 5 poissons supplémentaires sont venus me dire au revoir en l'espace de 4 heures. Ce fut un vrai plaisir de finir ainsi et une belle pépite à l'écaillure magnifique s’est infiltrée au milieu de ces nombreuses communes. Elle fut comme une récompense pour la détermination qui ne m’avait pas quitté jusqu’à la dernière minute.

J’espère que ces quelques lignes et images vous on permis de voyager le temps d'une lecture et que les quelques informations permettront aux plus téméraires d'organiser leur prochain voyage en terre marocaine.
 

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