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Grosses carpes en hiver, les temps changent

L’hiver est maintenant installé et la crise sanitaire, sans précédent, que nous venons de traverser a considérablement réduit nos temps de pêche et a déjoué bons nombres de nos projets. C’est tout naturellement qu’après ces longues périodes d’abstinence, les passionnés que nous sommes, souhaitons rejoindre les berges le plus tôt possible et nul doute que cet hiver, le nombre de pêcheurs connaîtra une augmentation considérable. Tout naturellement, les amoureux des grosses carpes tenteront leurs chances pour peut-être réussir les objectifs qu’ils s’étaient fixés à l’automne et pour que l’année 2020 n’ait pas un goût d’inachevé. Nous allons essayer de vous donner quelques clés et analyser les zones et lieux où pourraient se cacher nos géantes cet hiver.

La période post-confinement

Les mesures prises par le gouvernement concernant l’interdiction de la pêche a considérablement réduit l’espoir de beaucoup d’entre nous. Nous savons tous que, par définition, l’automne est une saison de prédilection pour la pêche des gros sujets et que celle-ci a été fortement avortée par une interdiction de pêcher. Tout naturellement et comme nous avons pu connaître ce même phénomène au printemps, la fermeture totale de la pêche a permis aux poissons de trouver une certaine quiétude dans les eaux où ils se trouvent. L’absence de lignes piégées a fait que ceux-ci ont indéniablement senti l’absence de pression de pêche et ont pu évoluer beaucoup plus librement.

Malheureusement, nous savons que dans certains cas et certaines eaux, les poissons ont assimilé les appâts de synthèse que nous leur proposons comme une véritable source de nourriture naturelle. Certains poissons ont même fait de nos bouillettes leur nourriture de base de prédilection. Il y aura donc sans nul doute, dans certaines eaux une carence qui apparaîtra sur ces mêmes poissons. C’est pourquoi, plus que jamais, cet hiver ne sera pas un hiver comme les autres et que le retour progressif sur les berges donnera lieu à de belles prises et ce, malgré le ralentissement naturel du métabolisme des carpes.

Nous avions déjà vu que même au cœur des hivers les plus rudes et lorsque la température des eaux avait sensiblement baissé, les carpes continuaient de s’alimenter même si les cycles et durées d’alimentation sont nettement plus courts qu’en pleine saison. Il est fort à penser que les eaux où les appâts seront distribués cet hiver, deviendront productives même sur une période si courte soit-elle.

Un automne 2020 très particulier

L’automne 2020 a connu des conditions météo relativement particulières et la pêche en a ressenti ces effets. La période de transition saisonnale été- automne où les températures chutent normalement de façon progressive n’a pas eu lieu cette année et nous sommes passés beaucoup trop brusquement et durablement, de températures quasi caniculaires à celles d’un début d’hiver. Cette transition brutale s’est ressentie sur les pêches et plus particulièrement sur les grandes eaux comme les grands lacs. Mes constatations personnelles et mon réseau d’amis et amoureux des carpes spécimen ont donné lieu aux mêmes analyses et il est inévitable que les choses ne se sont pas passées naturellement et comme à l’accoutumé. Cette situation a déjoué bien des plans sachant que beaucoup de pêcheurs de grosses carpes analysent les prises des gros sujets d’année en année et que généralement, celles-ci ont lieu à quelques jours près sur les mêmes périodes. Certes, il y a eu de beaux poissons pris en France et en Europe cet automne mais en nettement moins grande quantité que les années précédentes.

Les écarts d’amplitude des températures ont désorienté les poissons et les ont forcés à s’adapter et à adopter des comportements différents. Il va donc falloir, pour certains poissons habitués aux appâts de synthèse, combler les carences qui leur permettront de passer un hiver sans encombre. Il sera donc peut-être possible, de réaliser cet hiver des sessions productives en mettant bien entendu toutes les chances de notre côté et en s’investissant assidûment à la préparation de nos pêches.

Réagir sans attendre

Face à ces conditions météo particulières et à cette crise sanitaire qui nous a conduits à l’abstinence, il n’y a pas un instant à perdre pour tenter de combler le manque qui est en nous mais aussi pour essayer de piéger un poisson qui a connu malgré lui, une année particulière. Même en quantité infime, il va falloir distribuer des appâts quotidiennement sur les eaux où l’on souhaite opérer, que ce soit en lac, en rivière, en barrage, canal, gravière etc.…

Il n’y a pas d’exception. L’opportunisme et l’instinct grégaire de la carpe vont faire qu’à un moment ou à un autre, celle-ci s’intéressera à ce que nous lui distribuons. Attention toutefois de ne pas proposer les mêmes appâts qu’à la pleine saison, le taux de digestibilité de ceux-ci doit être maximal afin d’espérer faire revenir sur la plus courte période le poisson sur notre zone préparée. L’activité réduite en cette saison des poissons blancs permettra également l’utilisation de mets différents qui renforcera l’attraction de vos amorçages.

Le maïs doux, farine, méthod et autres asticots sont des alternatives intéressantes en hiver même sur les gros poissons. Une fois encore, l’investissement a toute son importance et même si les périodes d’amorçage peuvent être espacées de plusieurs jours, elles doivent être tenues à un rythme régulier. Le temps de pêche lui aussi a toute son importance car se trouver au bon endroit au bon moment est plus difficile en hiver devant un cycle d’alimentation réduit. Personnellement, j’opère de la sorte en réduisant le temps de mes sessions et dans la mesure du possible, en les rendant plus régulières. Il est tout à fait possible d’optimiser le moment où l’on posera ses lignes en tenant compte des conditions météo propices à la pêche. Une longue session avec des températures glaciales accompagnées d’un vent du nord ou d’est n’aura que très peu d’intérêt.

En hiver, la phrase « tant que les lignes sont à l’eau, il y a de l’espoir » n’a pas de sens. Opérez donc par sessions courtes 24 ou 48 heures maximum et lorsque les bonnes conditions sont réunies, températures stables, redoux, ensoleillement, etc.…et vous aurez toutes les chances d’être en symbiose avec le court cycle d’alimentation du poisson. Lutter contre des conditions hivernales extrêmes peut vite devenir un véritable enfer surtout si nos détecteurs restent muets.

Une année faite de comportements changeants

C’est une constatation, l’automne particulier que nous venons de connaître ajouté à une crise sanitaire sans précédent et une absence de pression de pêche ont changé le comportement des poissons. Nous pouvons tirer cette conclusion devant les résultats de très nombreux afficionados de gros poissons cet automne. Les zones normalement fréquentés au mois d’octobre, par définition le mois le plus productif, se sont retrouvées pour beaucoup d’entre elles plus ou moins stériles, les poissons qui devaient se trouver normalement dans des couches d’eau profonde semblaient en avoir décidé autrement, aussi, on a pu constater que des zones habituellement estivales étaient restées productives à l’automne et qu’à contrario les zones plus propices à une tenue des poissons avaient perdu sensiblement en fréquentation.

Les pêcheurs de grosses carpes sont, pour beaucoup d’entre nous, convaincus que la frénésie alimentaire qui a lieu normalement en automne et plus particulièrement au mois d’octobre, n’a pas eu lieu et nous n’aurons pas le recul sur le mois de novembre dû à son confinement. Certes, il s’est fait de belles pêches ici et là comme il peut s’en faire tout au long de l’année et quelques très gros poissons sont tombés mais rien de comparable à ce qui se passe habituellement les autres années. C’est pour cela que la période post- confinement a toute son importance. Elle nous apportera son lot d’informations sur le comportement des poissons mais aussi nous permettra de modifier nos statistiques et nos approches si ce cas de figure venait à se reproduire. La prise d’une géante n’est que rarement le fruit du hasard mais une analyse à une remise en question constante. Beaucoup de leçons sont à tirer de ces périodes de confinement et la première, sans doute la plus importante, est que devant l’absence de la présence de l’homme, la nature reprend ses droits et nous amène à une réalité : nous sommes très loin d’avoir compris le comportement de celle-ci. C’est vrai pour la végétation, le monde animal mais aussi sur les poissons.

La faculté d’adaptation des animaux, des poissons devant les situations que nous avons connues nous laissent à penser que nous avons beaucoup à apprendre de ceux-ci. L’homme qui semblait être indispensable à la bonne survie du monde animal a pu se rendre à l’évidence et constater qu’il n’en était rien. L’instinct sauvage reprenant bien plus vite que l’on ne le pense ses droits. C’est tout un système qui se voit bouleversé tant par des conditions climatiques changeantes que par des situations sanitaires exceptionnelle. Les années à venir nous laissent à penser que nous devrons nous adapter à celles-ci et que nos pêches elles aussi devront évoluer. Les mœurs et les mentalités changeantes auront inévitablement un effet boomerang sur notre pêche. Et concernant la saison hivernale, je suis sûr que l’augmentation de la fréquentation des pêcheurs à cette saison aura un effet sur le comportement des poissons. Nous allons devoir nous habituer à moins de quiétude au bord de l’eau en hiver mais cela révélera, j’en suis sûr, de belles pêches jusque-là insoupçonnées à cette époque. Le monde change et nos pratiques aussi changeront. Peut-être et j’en suis personnellement convaincu, ces changements vont nous amener vers des directions différentes, des modes de pêche différents et nous ferons mieux comprendre les aspects comportementaux de nos chers poissons. Je reste persuadé que l’hiver deviendra dans les années à venir une saison à part entière et que l’industrie de la pêche apportera son lot de compétences dans l’élaboration de produits et de matériels la rendant la plus attractive et la plus confortable possible. Des améliorations et des remises en question doivent être inévitables pour ce secteur d’activité afin que celui-ci puisse perdurer et que l’hiver ne soit plus une saison morte.

Décidément, ce virus aura beaucoup changé notre vie d’hommes tout d’abord mais aussi des pêcheurs que nous sommes. Nos instances dirigeantes ont dû faire face à des situations particulières nous amenant à des privations de liberté et par conséquence des interdictions de pratiquer notre passion et nos loisirs. Ce sont aussi, à mon avis, les fédérations qui devront s’adapter si elles ne veulent pas voir leur nombre de pratiquants diminuer. Des questions et des réflexions doivent être posées sur les périodes d’ouverture et de fermeture de la pêche de nuit en ce qui nous concerne car nous constatons depuis quelques années que la pêche hivernale est devenue une pratique à part entière. Cette pêche n’est maintenant plus réservée qu’à une minorité mais va connaître dans les années à venir un véritable essor. Rapporté au spécimen hunting nous allons devoir changer nos approches et nous adapter à ce nouvel élan comportemental des poissons afin de réussir dans notre quête. C’est peut-être cela qui fait le charme si particulier de notre passion ou en un temps réduit des analyses et statistiques avérées et réalisées sur plusieurs années peuvent devenir obsolètes. La quête du Saint Graal n’est fort heureusement pas définitivement écrite ...

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