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Pêche au zig : pourquoi, quoi, comment ?

La pêche au zig, comme bien des techniques de pêche de la carpe, nous vient d’Angleterre. Longtemps les Anglais pêchaient les carpes au fond ou en surface, que ce soit au posé ou stalking. En remarquant que certains poissons, qui maraudaient dans les couches d’eau supérieures, ne pouvaient pas être pris en surface, ils ont eu l’idée de les pêcher sous la surface.

En effet, les poissons sont beaucoup plus méfiants dès lors qu’il faut « crever » la surface de l’eau pour prendre un appât flottant sur la pellicule d’eau. D’ailleurs après quelques prises, parfois une seule, il devient impossible de les prendre pendant quelques minutes à plusieurs heures. Du coup, au départ la pêche au zig était destinée à prendre les poissons dans la couche d’eau juste sous la surface. L’amorçage dans ce cas se rapproche de ce qu’on connait dans la pêche au coup pour pêcher les ablettes et autres petits blancs, à savoir une amorce nuageante et traçante. Avec le temps, nous nous sommes rendu compte que la pêche au zig permettait d’explorer toutes les couches d’eau et pas seulement celle proche de la surface. Ce qui la rend extrêmement polyvalente et efficace.

Où et quand pêcher au zig :

Plus le temps passe, plus je me rends compte que l’on peut pratiquer le zig pratiquement partout, et même à la saison froide sur certains plans d’eau.

Cependant, les meilleurs indicateurs permettant de penser que la pêche au zig sera rentable sur un plan d’eau sont les suivants : une profondeur supérieure à 3 mètres, une eau claire et des couches d’eau en surface qui chauffent plus vite que le fond. Sur ces plans d’eau, il n’est pas rare d’observer les carpes en surface au moindre rayon de soleil.

Les meilleurs moments seront le printemps quand le soleil réchauffe les eaux et l’été.

J’ai néanmoins pris des poissons au zig dans des eaux troubles, dans des plans d’eau avec de faibles profondeurs et sur certains plans d’eau l’hiver. Chaque plan d’eau fonctionne différemment. Seules l’observation et le temps passé pourront vous orienter sur les bons choix. Des poissons qui se manifestent en surface sans mordre au fond ou qui se promènent en surface ou entre deux eaux sont autant de signes à prendre en compte.

Astuce hivernale

L’hiver est une période à ne pas négliger surtout lors d’un froid sec avec du soleil. Car les carpes montent rapidement dès qu’il y a quelques rayons de soleil. Mais sans aucun doute les meilleurs périodes sont le printemps et l’été. Le printemps pour se réchauffer et l’été plutôt pour trouver un taux d’oxygène meilleur. L’observation est primordiale car la moindre activité de surface doit être exploitée immédiatement.

Montage :

Il y a deux sortes de montages. Celui équipé d’un flotteur qui permet d’avoir un bas de ligne pas trop long et faire varier la profondeur du montage en ajustant la hauteur du flotteur. Je ne m’étendrai pas dessus, ce montage étant interdit en compétition, je ne l’utilise pas.

Le montage que j’utilise est très simple : la première partie (corps de ligne, tête de ligne, plomb…) est identique à celle de la pêche au posé classique. Seul le bas de ligne, mis en place à l’aide d’un émerillon « quick-change » pour une rapidité d’exécution, diffère.

Le bas de ligne est en lui–même très simple : constitué d’un nylon souple, si possible flottant ou en tout cas pas coulant (NDLR : pas de fluorocarbone par exemple), transparent et qui vrille très peu ; sur lequel on vient nouer par un nœud sans nœud l’hameçon. Le plus important est le point d’insertion du cheveu sur l’hameçon. C’est lui qui positionnera correctement ou non l’hameçon pour optimiser le piquage du poisson. J’aime que l’insertion du cheveu soit positionnée face à mi-chemin entre la pointe de l’hameçon et l’ardillon (ou là où il serait situé pour les versions sans ardillon).

Cette façon de faire comporte à mes yeux au moins deux avantages par rapport au montage avec flotteur énoncé ci-dessus. La précision est nettement accrue puisqu’on décide au centimètre près de la longueur du bas de ligne et donc de la hauteur de flottaison de la mousse. Au zig, ça peut se jouer à 10 cm près pour avoir des touches ou non.

Autre avantage, le montage se lance bien plus loin.

Le principal inconvénient, toujours par rapport au montage avec flotteur, arrive quand on doit utiliser de très grands bas de ligne (supérieurs à la longueur de la canne) et que l’on est seul pour épuiser les poissons, il faut un peu d’habitude.

Conseils de Marc Bohn

Niveau montage, je bannis d’office le montage flotteur qui d’après mon expérience effraie les carpes. Après de multiples essais, je vous conseille un plomb avec insertion centrale pour l’émerillon « Quick-Change ». L’auto-ferrage est bien meilleur. Faites l’essai, vous verrez la différence. Pour le nylon du bas de ligne, choisissez un nylon très souple avec peu de mémoire, en 0,26 ou 0,28 mm pour avoir un peu de réserve de puissance.

Eschage :

Il existe là encore plusieurs façons de faire. Faux insectes montés directement sur l’hameçon, appâts imitatifs flottants, mousses…

Comme souvent, je trouve que simplicité rime avec efficacité. J’utilise les mousses flottantes. Leur efficacité réside dans leur flottabilité très forte si on les prend de bonne qualité (donc pas de mauvaises surprises de montage qui ne se situerait pas à la bonne hauteur) et autorise un large panel de couleur. Je les utilise en 10 et 15 mm, ainsi qu’en Dumbell.

Niveau eschage, je colle (ou presque) la mousse à la hampe de l’hameçon.

 

Astuces

Voici deux astuces intéressantes que j’utilise régulièrement :

  1. Jouer sur les contrastes de lumière avec les mousses. Je pense qu’une carpe venant par le dessous verra mieux une mousse sombre qui contraste avec la clarté du ciel, et inversement une carpe venant du dessus verra mieux une mousse claire qui contraste avec le fond.
  2. Faire une encoche dans la mousse pour pouvoir bien l’axer avec la hampe de l’hameçon.

Réglage de la hauteur d’eau :

Trouver la bonne hauteur d’eau est un, sinon « le » point clef de la pêche au zig. Certaines fois les poissons mangent et naviguent sur une couche importante d’eau, d’autres fois sur quelques décimètres ou centimètres.

Dans le premier cas, c’est donc assez facile de trouver où prendre les carpes. Dans le second cas, il va falloir être stratégique. Je ne pêche qu’à deux cannes au zig. Car je trouve déjà qu’avec deux cannes sur le même poste, il est très facile de prendre l’autre canne en cas de départ, bien plus qu’au posé sur le fond (n’oubliez pas que vos mousses sont parfois décollées de plusieurs mètres au- dessus du fond, donc que tout poisson qui fera à la touche un travers dans le sens de l’autre ligne la prendra dans la plupart des cas).

Avec seulement deux cannes, il va donc falloir être stratégique pour trouver la hauteur d’eau où se nourrissent les poissons, puis la couleur de mousse qui déclenche le plus de touches.

Je procède ainsi par étapes. Commençons par le plus important à mon sens : la hauteur d’eau,. J’esche les deux cannes d’une couleur passe partout, comme le jaune ou jaune-noir. Et je place les cannes à deux hauteurs différentes (en respectant une loi mathématique, par exemple loi des quarts (je divise la profondeur du poste par 4), le 5eme ou plus. Tout dépend de la hauteur d’eau et de la précision que je veux avoir dans mon choix. Toutes les 15 à 30 minutes maximum, je vais changer la hauteur des esches jusqu’à obtenir une touche. Quand c’est le cas à une profondeur donnée, je place les deux à la même hauteur d’eau, mais avec deux couleurs différentes. Jusqu’à trouver la couleur qui donne le bon rendement de touches. Si ensuite les touches s’arrêtent, ce qui arrive souvent car les poissons ne restent pas toute la journée à la même hauteur, je recherche à nouveau la profondeur mais cette fois avec la mousse qui semble le mieux prendre.

Conseils

Trouver la bonne hauteur d’eau est le point clef. Je commence souvent par placer mon premier zig au ¾ de la hauteur d’eau et le second un peu en dessous. Si au bout de 30 ou 40 minutes je n’ai pas de touche, je bouge mes montages de 50 cm en fonction du comportement des carpes.[CC1]

Amorçage :

On va amorcer au zig de deux manières : ascendante ou descendante.

La première consiste à introduire des particules lourdes et chargées d’huile et/ou de l’amorce avec des particules dispersantes sur le fond. Et l’huile ou les particules dispersantes vont remonter dans la colonne d’eau pour y maintenir les poissons.

A l’inverse, dans la seconde on introduit des particules légères qui vont descendre doucement dans la colonne d’eau.

Le choix va dépendre de la position des poissons (est-ce qu’ils sont plutôt vers la surface ou vers le fond), de la profondeur du poste, du vent…

La manière descendante est la plus utilisée, c’est une valeur sûre dans une pêche décollée. L’ascendante est plus risquée, mais certains jours plus efficaces et surtout peut permettre de préparer un poste que l’on peut pêcher aussi bien au zig que sur le fond.

Mais le plus important dans l’amorçage va être le rythme d’amorçage. Un spod fermé (type Spomb) et une canne d’amorçage sont indispensables. Il est impensable pour moi de pêcher au zig sans ce type d’équipement. Ensuite, le rythme de distribution de l’amorçage (X spods toutes les Y minutes) est vraiment le plus important. C’est ce rythme qui à mon sens va rendre les poissons enclins à manger, les mettre en concurrence alimentaire et leur faire perdre leur méfiance pour pouvoir les prendre facilement.

Le mouillage de l’amorce est primordial. Plus l’amorce est mouillée, plus elle va rester longtemps en suspension. Le rythme de distribution est très important. Le but est de créer une frénésie alimentaire pour que les carpes deviennent plus faciles à prendre.

Une pêche dynamique proche de la pêche au feeder ou anglaise :

De par la recherche des bonnes hauteurs d’eau, des couleurs de mousse, des rythmes d’amorçage (souvent soutenus), la pêche au zig est une pêche dynamique. On est en permanence en action. L’installation du poste (chaque chose à sa place, facile d’accès) est importante. Si vous pensez vous reposer et siester pendant votre session, cette pêche n’est pas faite pour vous. Car clairement le dynamisme, comme pour les autres pêches au coup, est omniprésent.

C’est vraiment l’action qui entretien l’action. Une fois que vous aurez goûté au dynamisme de la pêche au zig, vous ne verrez plus la pêche au fond de la même manière. Et l’on se rend compte qu’en couplant bien les deux, il y a quasiment toujours des poissons à prendre, quel que soit le moment de la journée.

Je suis aujourd’hui certain qu’il y a 20 ou 30 ans, je suis passé à côté de dizaines de carpes à prendre lors de pêches au posé classiques qui ne rapportaient rien ou pas grand-chose.

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