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La pêche du gardon au feeder en toute saison

Le gardon est l’espèce emblématique de la pêche au coup. On le retrouve partout, de quelques grammes à plus d’un kilo. Un poisson aux multiples facettes qu’il faut savoir cibler au gré des saisons.

Présent partout et de toutes tailles, le gardon s’adapte. Sa morphologie, sa taille, la densité de la population varient énormément en fonction des parcours et du climat. Une telle multiplicité justifie l’emploi du pluriel quand il s’agit de décrire la pêche « des » gardons. Au feeder, il s’offre à toutes les approches, de la plus fine jusqu’au method feeder.

Les densités de gardon et le fait qu’ils réagissent bien à l’amorce permettent de réaliser de très belles pêches de façon régulière. 
Crédit photo : Vincent Hurtes

Les petits en hiver

C’est une saison très difficile pour rechercher les poissons blancs. La pêche est technique et souvent maigre comparée à ce qu’il est possible de faire en été sur un même parcours. Pour autant, le gardon a un comportement grégaire et est susceptible de se concentrer dans certaines parties d’un plan d’eau. Ils recherchent alors des eaux plus chaudes, quelques dixièmes de degré peuvent suffire à les concentrer, mais aussi à se protéger des cormorans en plongeant dans les abysses ou en se cantonnant proche des activités humaines où ces oiseaux sont effrayés. Les petits gardons restent actifs durant la saison froide et permettent aux plus courageux qui souhaitent affronter le froid de s’adonner à une pêche au feeder des plus techniques. L’amorce doit être pauvre et attractive. Un mix à base d’une recette « étang » mélangée à parts égales avec de la terre de somme permet de créer un nuage au fond de l’eau et lors de l’amorçage qui suscite l’intérêt de ces petits poissons. Les alliés indissociables de la pêche d’hiver sont les vers de vase et le fouillis. Ces petites larves remuantes sont les meilleures pour déclencher les touches. On pique alors deux vers de vases sur un hameçon fin de fer numéro 20 monté sur un bas de ligne en 0,10 mm pour une présentation discrète.

Vers de vase, pinkies et gozzers sont les appâts carnés de base suivant la saison.
Crédit photo : Vincent Hurtes

En étang au printemps

Dès les premiers redoux, les gardons sont les premiers à réagir à la longueur du jour qui augmente. Les températures se radoucissent et les poissons entrent peu à peu en activité. En étang, l’eau se réchauffe plus vite et les poissons sont ici les premiers actifs. C’est le moment de prendre des gardons de toutes tailles. La pêche est active avec une approche des plus classiques. Côté appâts, on s’oriente vers une amorce type étang et de beaux pinkies rouges. Un scion de 0,75 Oz en carbone sur une canne légère de 3,3 m pour une pêche à 30 mètres sera parfait. Le montage en potence est idéal sur une tête de ligne de 6 m en 0,28 mm. Le corps de ligne est en tresse fine de 0,8 mm. La pêche doit être dynamique en activant le rythme des rappels pour tenir les poissons sur le coup et construire peu à peu la concurrence alimentaire indispensable pour obtenir de belles touches. Un feeder de 20 à 30 g de taille moyenne sera parfait.

En plein été, le maïs permet de sélectionner les plus beaux sujets. Hameçons et bas de ligne solides sont alors de rigueur !
Crédit photo : Vincent Hurtes

En été, les gros au maïs

Ce poisson polymorphe a une très grande capacité d’adaptation. À tel point qu’il peut devenir très gros par endroits, notamment dans les plans d’eau les plus riches comme en gravière, en fleuve et dans le sud de la France. Il a même franchi les Pyrénées en colonisant de façon très abondante les eaux de l’Èbre en Espagne. Dans ces eaux riches et chaudes, le gardon devient énorme, et il n’est pas rare de capturer des spécimens de plus d’un kilogramme. On oublie alors tout ce qui a été décrit précédemment et on pratique les approches ordinairement réservées aux très gros poissons. L’esche la plus rentable reste le maïs doux. Cette belle graine dorée et sucrée a un pouvoir d’attraction fantastique sur les beaux gardons. Un hameçon n° 12 ne leur fera pas peur, pas plus qu’un montage au cheveu pour une présentation parfaite du grain. Ces poissons sont voraces et semblent insatiables ! Il faut alors charger de grosses cages en esches comme des gozzers morts et du maïs. Une approche qui peut réserver de très belles captures avec des spécimens exceptionnels. Pour être encore plus sélectif, il est même possible de les pêcher à la bouillette et au method feeder !

Certains plans d’eau du sud de la France et les fleuves et grandes rivières abritent de gros sujets que l’on peut pêcher à la mini-bouillette. 
Crédit photo : Vincent Hurtes

Lac de barrage en automne

Les gardons ne se contentent pas d’être énormes, ils peuvent parfois pulluler. C’est le cas en lac de barrage, dans tout le Massif central notamment, on retrouve des densités de poissons phénoménales qui font la réputation de certains lacs comme celui de Pers à SaintÉtienne-Cantalès (15). Ici, les gardons sont présents en très grand nombre et illustrent le caractère parfois invasif de cette espèce. C’est alors une pêche de vitesse où la limite des captures est celle du pêcheur et non des poissons dont le gisement semble inépuisable. Au feeder, on peut pêcher 5 heures au rythme d’un poisson de 50 g (voire plus) de moyenne par minute, soit 15 kg de gardons dans la bourriche! Le poisson produit alors des touches franches mais rapides. Pour une efficacité maximale, il faut miser sur un montage auto ferrant assurant la prise dès qu’elle se saisit de l’hameçon. La course du feeder sur la tête de ligne est arrêtée par un stop float placé au-dessus de l’agrafe. L’auto ferrage agit comme un piège mécanique. Une autre astuce est de placer la canne face à soi dans la droite ligne de son coup. La tresse est en lien direct avec le montage et le poisson se ferre tout seul dès qu’il tire sur l’esche et l’hameçon. Toujours dans ce même souci d’efficacité, la taille de l’hameçon est surdimensionnée. Un numéro 12! Il permet de piquer les poissons au niveau des lèvres et de les libérer rapidement avec les doigts sans utiliser de dégorgeoir. Pour finir, on enfile un gozzer sur la tige de l’hameçon pour bien dégager la pointe et améliorer encore le piquant de l’ensemble.

Un stop float placé au-dessus de l’émerillon permet de confectionner un montage auto ferrant, utile pour augmenter le ratio touche capture.
Crédit photo : Vincent Hurtes

Être réactif pour ne pas finir en chaussette

Une chaussette, c’est le nom que l’on donne aux asticots qui ont été sucés par les gardons quand le pêcheur manque la touche. Vidées de leur contenu, les larves ressemblent à des chaussettes. Les gardons produisent des touches rapides et marquées caractéristiques. De quoi s’arracher les cheveux. Il faut être très réactif si l’on veut avoir une chance de les ferrer. L’organisation du poste doit permettre de régler le problème. On pose le talon de la canne sur la cuisse prêt à s’en saisir et à ferrer au moindre signal. Pour un droitier, assis face à l’eau, le talon de la canne est posé sur la cuisse droite. La main est posée sur la canne positionnée en revers. La stabilité de l’installation est primordiale pour éviter de transmettre des vibrations au scion. Tenez-vous prêts !

 

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