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Les Italiens maîtres chez eux

Par sa configuration, le Mincio semble être un parcours idéal. Mais son irrégularité aurait dû empêcher qu’il soit retenu pour un championnat du monde.

Crédit photo Olivier Wimmer

Donnés grands favoris, les Italiens ont remporté ce championnat du monde mais dans la douleur. Ils se sont finalement imposés chez eux, sur un parcours marqué par son extrême irrégularité. L’ancien champion du monde serbe Goran Radovic s’est offert, lui, un second titre individuel.

Des herbiers éradiqués pour favoriser le tourisme fluvial et une eau devenue transparente ont eu raison de la belle population de gros scardoles (les rotengles locaux), chevesnes, et carassins qui firent les beaux jours du Mincio. Cette rivière, qui se jette dans le lac de Garde, à proximité de Vérone, grand classique des compétitions italiennes, a donc perdu beaucoup de son intérêt et la semaine d’entraînement ne laissait aucun doute : la pêche s’annonçait difficile, pour tous, y compris les locaux. 

Favorite chez elle, l’équipe d’Italie a souffert mille morts pour s’offrir finalement un nouveau titre mondial en demi-teinte.
Crédit photo : Olivier Wimmer

Un parcours critiqué

De nombreux pêcheurs, y compris chez les Italiens, ont d’ailleurs critiqué ce choix et il semble que le grand champion qu’est Ferrucio Gabba ait même été écarté de sa sélection pour cette raison… Il aura donc fallu que les compétiteurs s’emploient pour tirer leur épingle du jeu et que la chance leur vienne parfois en aide car les gros poissons, à condition qu’ils finissent dans la bourriche, ont joué un rôle important ! Le public, lui, semblait satisfait. La foule passionnée des grands jours était au rendez-vous. Si grandes cannes, anglaises, bolognaises, télescopiques étaient de sortie, par endroits, il valait parfois mieux être spectateur que pêcheur tant le parcours s’est montré irrégulier. Bref, les 23 équipes présentes, contre plus de 30 habituellement, en raison du Covid, auront bien souffert sous un soleil ardent. 

Championnat difficile pour Pottelet qui ne gardera pas un grand souvenir du Mincio.
Crédit photo : Olivier Wimmer

Une heure seulement

La première manche est une copie conforme des entraînements de la semaine. Sur la majeure partie des cinq secteurs de 23 pêcheurs, après un amorçage lourd, les champions enregistrent des touches durant la première heure, puis c’est la traversée du désert. Quelques scardoles au départ mais surtout quelques gros chevesnes qu’il ne fallait évidemment pas rater car ils pouvaient faire pencher la balance. On signalait également de rares carassins et quelques carpes. À ce jeu-là, les Français démarrent plutôt bien. Diego Da Silva et Stéphane Pottelet prennent ce précieux chevesne dès leurs premières coulées mais, comme prévu, leurs coups se dessèchent inexorablement. Maxime Duchesne (10ème) est en difficulté, tout comme son voisin, Andrea Fini (14ème), le champion du monde 2011. Stéphane Linder ne peut qu’assister à la démonstration du Serbe Goran Radovic, ancien champion du monde lui aussi, à l’autre extrémité du parcours. Comme les Italiens, les favoris habituels, Hongrois, Anglais, ainsi que les équipes aguerries à ce style de pêche, comme San Marin ou la Suisse, personne n’est à la fête. 

 

L'asticot en vedette

On annonçait un championnat où les pêches au moulinet, bolognaise surtout, joueraient sans doute un rôle prépondérant. Mais force est de constater que la grande canne a le plus souvent été utilisée même si c’est grâce à une bolognaise parfaitement maîtrisée que Goran Radovic a remporté son titre individuel. En revanche, ce fut une pêche 100 % asticot. Sous forme de larve ou de caster, collé, frondé ou mélangé à l’amorce, il a supplanté fouillis et vers de vase. Malgré la rareté des poissons, il fallait maîtriser toutes les utilisations de l’asticot et sous tous ses aspects pour s’en sortir.

 

Caudin impitoyable 

Néanmoins, les places repérées acceptables dans la semaine le sont restées. Ainsi Alexandre Caudin, à l’amont du secteur E, ne laisse aucune chance à ses adversaires et fait cavalier seul d’un bout à l’autre de la manche, pulvérisant le jeune anglais Hugues, à l’aile. Les Italiens, pas trop mal lotis au tirage au sort il faut bien le reconnaître, s’en sortent bien, notamment grâce à leur belle maîtrise de la pêche du chevesne. Ils remportent ainsi cette première manche avec 27 pts. Ils ont fait le trou semble-t-il avec leurs poursuivants qui se tiennent dans un mouchoir de poche. La Suisse et la Hongrie, malgré les 20 pts encaissés par Tamas Walter, font jeu égal (40 pts) suivis par les Anglais (48 pts) et la France (48,5 pts). Jusqu’aux Belges, 10ème avec 55 pts, toutes ces équipes peuvent encore prétendre à une belle place sur le podium. Le lendemain, le tirage au sort de la seconde manche accrédite l’idée que les Italiens pourraient bien se faire surprendre. Et en effet, plusieurs postes dont ils ont hérité vont s’avérer très moyens. Ce n’est pas le grand champion qu’est Jacopo Falsini ni Stéphane Pottelet, son voisin pour l’occasion, qui diront le contraire. Les deux malheureux finissent respectivement 16 et 17èmes avec un chevesne et des broutilles.

Goran Radovic, déjà sacré en 2014, à Prelog (Croatie), a rappelé qu’il était un formidable pêcheur de rivière.
Crédit photo : Olivier Wimmer

Les Bulgares au top 

Si Maxime Duchesne prend une belle revanche en finissant deuxième, Jimmy Martin, qui remplace Stéphane Linder (17ème la veille) finit dernier de son secteur non sans avoir pourtant touché les poissons qui lui auraient permis de limiter les dégâts. Mais quand ça ne veut pas… Alexandre Caudin, qui pouvait prétendre au podium, ne peut faire mieux que 11ème sur un poste au fond calamiteux, battant néanmoins son voisin anglais, Sean Ashby (15ème), le plus mauvais score de l’équipe britannique. Auteurs d’une superbe remontée, à l’image de la République tchèque et de son leader Petr Klasek (3ème en individuel) mais surtout des Bulgares qui remportent la manche (31,5 pts), les Anglais repoussent les Italiens à la 6ème place de cette seconde journée. On a même cru un moment que le titre allait échapper aux Transalpins ! Mais, grâce à son avance de la veille, l’Italie l’emporte finalement devant de très étonnants Tchèques, l’équipe anglaise, nettement renouvelée, complétant le podium. 

Les Tchèques ont fait impression, notamment dans la maîtrise de l’anglaise à l’image de leur leader, Petr Klasek.
Crédit photo : Olivier Wimmer

L’heure des regrets 

La France termine à la 8ème place avec l’évidente frustration de n’avoir pas eu la possibilité de défendre son titre. En toute objectivité, on peut comprendre cette déception. Quand on voit le décompte final, les chiffres parlent d’eux-mêmes : une équipe en or avec 75 pts et un gagnant individuel à 5 pts, voilà bien un championnat qui ne restera pas dans les annales.

Il fallait pêcher fin sur le Mincio pour tromper les chevesnes, parfois de belle taille mais dont assurer la capture était très important. Cela a donné lieu à de beaux combats incertains mais passionnants pour les nombreux spectateurs.
Crédit photo : Olivier Wimmer

 

L'Est en force

Nous connaissions bien et depuis de nombreuses années maintenant les Hongrois, pêcheurs très complets, mais il faut aujourd’hui aussi compter avec les Bulgares et surtout les Tchèques qui, à l’image des indéboulonnables frères Konopasek, sont en progression constante. Ils ont préparé ce championnat de manière très professionnelle, s’attachant les services d’un excellent pêcheur local, Luca Pergreffi. Ils ont tiré leur épingle du jeu sur des postes compliqués, à l’anglaise au coulissant, avec une dextérité et une précision remarquables.

 

Le podium individuel avec, de gauche à droite : Imre Skakovic (Hongrie, 2e), le vainqueur Goran Radovic (Serbie) et Petr Klasek (Rép. tchèque, 3e). Avec un Lituanien classé 4e, les pêcheurs des pays de l’Est ont dominé l’épreuve individuelle.
Crédit photo : Olivier Wimmer

 

L'heure de la retraite

C’est une équipe anglaise new-look qu’on a vu apparaître cette année. Exit en effet les anciens Alan Scotthorne et Des Shipp. Il semble que Mark Downes, le manager britannique, emboîte le pas à l’équipe de France qui n’a pas hésité à lancer dans le grand bain des jeunes comme Alexandre Caudin et Maxime Duchesne il y a quelques années et qui sont aujourd’hui considérés comme indiscutables. L’heure de la retraite aurait-elle sonné pour certains vieux briscards ?

 

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Magazine n°918 - novembre 2021

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