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Bien exploiter les courants en mer

Trouver les beaux courants nourriciers, c’est l’assurance de croiser la route de prédateurs en activité. 

Crédit photo Franck Ripault
Sous l’action du vent et des marées, dès que la mer met en mouvement la chaîne alimentaire, tous les prédateurs se lancent dans des phases d’activité plus ou moins intenses qu’il faut être en mesure d’exploiter au mieux et au plus vite. Car à la pêche comme en toutes choses, rien ne dure !

En mer, lire l’eau est essentiel. Tout ce qui casse son uniformité (rocher, balise, haut-fond révélé par une vague qui se casse) mérite notre attention… et en particulier les courants de marées, qui peuvent être renforcés par les mouvements d’eau de surface dus au vent, créant des mouvements d’eau discontinus. Cette discontinuité, renforcée par les inversions de marée, véhiculant nourriture et oxygène, agit sur le comportement des poissons.

Non seulement les balises fixent quantité de nourriture mais, par leur inclinaison, elles informent en temps réel des reprises de courant.
Crédit photo : Thierry Sauvin

Le moins du plus

Les chasseurs se situent principalement à la lisière du courant vif, ce qu’on pourrait appeler « le moins courant du plus courant » pour ne pas brûler inutilement leur énergie. En revanche, dès qu’un mouvement d’eau draine de la nourriture, les poissons, nez au courant, n’hésitent pas à passer du vif au moins vif, à la manière des truites. L’apport de nourriture faiblit au fur et à mesure que le courant s’assagit à l’approche des étales et bien souvent, dans cette période, les touches se raréfient. Ce ralentissement est en fait dû au comportement du menu fretin. Car les prédateurs se nourrissent de petits poissons qui se laissent porter, pour ne pas dire embarquer par le moindre courant. Ainsi ballotté, un banc de sprats ne maîtrise pas ou peu sa direction. Les bars le savent bien qui en profitent abondamment.

5. À l’étale de basse mer, le courant s’est évanoui. Il va falloir patienter… 
Crédit photo : Thierry Sauvin

En revanche, lorsque le courant ralentit, ces sprats ou sardinelles maîtrisent mieux leurs dérives et peuvent plus facilement s’échapper. Les poissons chasseurs préfèrent alors s’abstenir. Considérant que les ressources en oxygène et en nourriture sont rares, ils tentent toujours de maximiser le rapport dépense énergétique-apport calorique, exactement comme les truites. Et puis, comme par miracle, les agapes faciles peuvent reprendre au basculement de marée, dès que le courant réapparaît. Le courant, zone mouvementée formant écran, est toujours un allié du pêcheur. Les poissons, le plus souvent en chasse, y sont généralement plus faciles à leurrer. Avec le phénomène bien connu de concurrence alimentaire, les touches sont généralement violentes. La lisière du vif est, on l’a vu, la zone à privilégier. Les zones de fortes turbulences, là où la surface se creuse, sont généralement délaissées par les prédateurs, sauf si le fond est parsemé de rochers, caches qui permettent aux poissons de se protéger du courant vif. En revanche, l’amont d’une zone mouvementée, là où le courant s’accélère mais avec une surface encore lisse, sera considéré comme un secteur de premier ordre.

Dangereux pour les baigneurs, les courants sont bien sûr du pain béni pour les pêcheurs. 
Crédit photo : Thierry Sauvin

Ouvrez l'œil

À l’étale de basse ou de haute mer, les courants se sont certes évanouis mais ont laissé de larges traces blanches en surface. Des oiseaux posés à proximité attendent sagement la renverse. Dès que ces courants repartent, toutes les balises flottantes qui servent à délimiter les chenaux s’inclinent à nouveau, dans un sens ou dans l’autre. Les laisses de mer aussi reprennent leurs longues dérives. Tous ces repères visuels sont en fait des indicateurs très précieux permettant de repérer les courants.

Aux appâts

Ces courants de marée se prospectent indifféremment aux appâts, aux leurres ou à la mouche. La pêche au buldo avec une crevette vivante est redoutable. Il convient de pêcher avec un buldo ne dépassant pas 15 g sur lequel est fixé un long bas de ligne (1,60 m environ) en fluorocarbone, car coulant plus facilement. La dérive doit être entrecoupée de tirées et de relâchers, le sillage ainsi formé par le buldo pouvant interpeller un bar. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’un bar attaque sur le buldo lui-même, indiquant qu’il pourrait être judicieux d’essayer les leurres de surface. En lisière de courant, il suffit de récupérer lentement le montage en marquant quelques pauses plus ou moins longues. Pour pratiquer en lancer-ramener, mieux vaut s’équiper d’une canne relativement souple (3 à 3,30 m) de puissance 5-30 g. Une canne assez longue car le bas de ligne doit l’être aussi (au moins 1,50 m) afin que l’appât puisse évoluer avec un comportement naturel. Le lest ne doit pas dépasser 20 g. Une néréide de roche piquée par la tête sur un hameçon simple se mettra en mouvement sous l’action du courant. En fait, l’appât agit comme un leurre particulièrement goûteux d’où son efficacité sur le bar et le lieu.

Il faut composer avec le courant, trouver le moins vite du plus vite, et dériver lentement. 
Crédit photo : Thierry Sauvin

Aux leurres

Un stickbait, type Super Spook (Heddon), Z-Claw (Zenith) ou Naja (Sakura), animé en walking the dog, ne passe jamais inaperçu des prédateurs. Il convient de lancer en plein travers puis d’animer le leurre canne basse, tout en le laissant travailler tout seul sous l’emprise du courant. Les casting jigs, incontournables, doivent être lancés trois-quarts amont, en accompagnant leur descente pick-up ouvert, doigt sur le bord de la bobine. Ce contrôle doit être parfait car la touche peut avoir lieu à la descente. Si le leurre a pris contact avec le fond, on ferme le pick-up en laissant le courant le porter, tout en animant en dents de scie. Avec un casting jig passe-partout de 30 g, il est possible de prospecter un courant près de la surface par de grandes tirées latérales, canne basse. Le leurre imite alors un sprat en mauvaise posture, embarqué par le courant. Pour les amateurs de leurres souples, un shad animé en traction est à essayer. On lance trois-quarts amont et, après contact avec le fond, on réalise une coulée canne oblique, un peu comme le fait un pêcheur de truite au toc.

Un étranglement provoque toujours une accélération des eaux. Les prédateurs vont se positionner à la lisière du courant le plus vif. 
Crédit photo : Thierry Sauvin

À la mouche aussi

Une autre solution consiste, canne basse, à jerker un leurre monté sur une tête plombée profilée de 7 à 12 g. Portées par le courant, les belles embardées provoquent dans cette situation des touches violentes. Enfin pour les moucheurs, une soie passe-partout, coulant légèrement (intermédiaire n°8 ou 9), permet de faire travailler une imitation de lançon ou de sprat dans un courant, le plus souvent sans qu’il soit besoin de l’animer, comme pour une pêche en noyée en rivière. On lance trois-quarts aval ou bien en travers du courant. C’est un vrai plaisir d’y ferrer un poisson car la partie n’est jamais gagnée d’avance. Un bar, une truite de mer, un pagre ou gros maquereau savent trouver dans ces beaux courants de quoi décupler leur belle énergie.

Ce courant, qui lèche le rivage de l’île-Molène, est excellent pour le bar.
Crédit photo : Thierry Sauvin

La règle des douzièmes

Montante ou descendante, une marée dure environ 6 h. La mer monte (ou descend) de 1/12 la première heure, 2/12 la deuxième heure, 3/12 les troisième et quatrième heures, puis de nouveau 2/12 la cinquième et 1/12 la sixième heure. Les deux premières et deux dernières heures provoquent des courants modérés, propices aux dérives en bateau. Les troisième et quatrième heures sont toujours les moments les plus vifs, surtout lors des gros coefficients de marée. D’où l’intérêt d’être toujours informé des horaires des marées.

Aux 3 e et 4 e heures de marée montante, la vitesse du courant est à son maximum
Crédit photo : Thierry Sauvin

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Magazine n°912 - mai 2021

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