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Les brochets bretons de la Hardouinais

Éric Hamon en action sur le grand lac ici en compagnie de Guillaume Legarrec le patron d’Easyfly.

Crédit photo Pascal Lehérissier
Nichés au cœur de la Bretagne, les étangs privés du domaine de la Hardouinais constituent un spot unique dans le domaine de la pêche des carnassiers. Le Meu, petit cours d’eau breton affluent de la Vilaine, était connu des pêcheurs de carnassiers en raison de sa connexion avec le célèbre plan d’eau de Fishabil qui, en son temps, pouvait être considéré comme le premier centre de pêche peuplé de poisson spécimens (silures, brochets et carpes). Le domaine de la Hardouinais se veut quant à lui beaucoup plus naturel. On vient ici pour pêcher des carnassiers, et bien entendu des gros brochets. Lorsque l’on pénètre sur le domaine, on y trouve aussi quiétude et zénitude. Un séjour de pêche « détox » en quelque sorte.

Notre ami David Gauduchon m’avait parlé depuis plusieurs mois du fameux domaine de la Hardouinais. D’après lui, l’endroit ne manquait pas de charme et disposait d’un potentiel particulièrement alléchant pour ceux qui souhaitent un tourisme pêche sortant de l’ordinaire.

L’art de la table à la Hardouinais, c’est quelque chose !
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Un centre d’activité « outdoor » pour toute la famille

Le complexe de la Hardouinais n’est en effet pas un simple étang de pêche. Dans son ensemble, le domaine couvre une superficie de pas moins de 2 400 hectares d’un seul tenant. Cela en fait le deuxième massif forestier de Bretagne où il sera possible de s’adonner à de multiples activités de plein air. Mais il faut tout d’abord lever un possible doute : le domaine de la Hardouinais n’est pas un complexe fermé par de grandes palissades ou des clôtures qui en bloqueraient l’accès. Non, il s’agit bien d’un écrin de nature facilement accessible, certes privé mais en aucun cas d’un camp fortifié. Côté loisirs, le domaine propose notamment les activités suivantes :
■ Le centre équestre est ouvert du mardi au samedi. Une monitrice diplômée pourra vous accompagner dans cette activité. Il est également possible d’effectuer un parcours dans la forêt dans un attelage.
■ David Le Bars, le jardinier en chef, s’occupe personnellement du potager qu’il est possible de visiter. À la belle saison, ce dernier fournit l’essentiel des légumes utilisés dans le restaurant. Le potager est également le théâtre d’expositions artistiques locales.
■ Les jeux traditionnels bretons sont également proposés ainsi que des balades guidées en gyropode.
■ Le domaine propose une carte de soins variés de type réflexologie plantaire et différents massages.
■ Des activités de sylvothérapie ainsi que des balades accompagnés en forêt sont également au menu.
En résumé, le domaine de la Hardouinais propose une large gamme d’activités susceptibles d’occuper un conjoint vous accompagnant à la pêche.

En famille, entre amis, du bord, en bateau, en float, à la mouche, aux leurres... 
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Une activité halieutique encadrée

Le domaine de la Hardouinais dispose donc d’un énorme potentiel et les différentes activités y sont parfaitement encadrées afin d’en tirer le maximum de bénéfices. L’activité pêche ne déroge pas à la règle. Pour la petite histoire, l’étang principal, qui offre une superficie approximative d’une soixantaine d’hectares, était auparavant un étang en gestion fédérale où la pêche était entièrement libre. Il jouissait d’ailleurs d’une excellente réputation en raison de la qualité de ses eaux et de sa forte productivité naturelle. Hélas, une forte pression de pêche et l’absence de réglementation adaptée avaient pour conséquence de ne pas permettre une bonne gestion du lieu. Lors du rachat du domaine il y a quelques années, l’accès au plan d’eau a été interdit au grand public afin d’éviter une trop forte fréquentation du site. Une activité de pêche à la mouche en guidage y était alors proposée de façon relativement confidentielle. C’est donc David Gauduchon, par le biais de son agence « Le poisson voyageur », qui gère désormais l’activité pêche sur le domaine. Et l’idée maîtresse reste ici que la pêche doit être de grande qualité en évitant une pression non maîtrisée. C’est pour cela que la pêche sur le domaine ne peut s’effectuer qu’en compagnie d’un des guides mis à disposition par l’agence. Éric Hamon ou David Gauduchon en personne auront le plaisir de vous initier à la pêche des carnassiers sur le domaine breton.

Une vue aérienne du petit lac.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Des étangs réellement poissonneux

Le domaine dispose pour le moment de deux étangs accessibles à la pêche des carnassiers. Le premier, nous l’avons dit, possède une superficie approximative de 60 hectares et présente une forme triangulaire légèrement évasée au niveau de la bonde de l’étang. Sa profondeur moyenne reste modeste, de l’ordre d’environ deux mètres. Il est d’ailleurs parfaitement possible de pratiquer de nombreux postes en bordure en wading. Le fonds sur les bords est relativement dur et permet un cheminement aisé pour prospecter les abords des berges. Bien entendu, il n’y a rien de surprenant au fait que la profondeur devienne de plus en plus importante au fur et à mesure que l’on se rapproche de la bonde. Mais même à proximité de cette dernière, la profondeur reste tout à fait raisonnable et n’excède jamais les 4 mètres. Cet étang a été débarrassé d’une importante partie de sa végétation lors de sa dernière vidange il y a un peu plus de cinq ans. Nous avons cependant constaté la présence en nombre de souches avec des branches noyées qui restent perpétuellement immergées et qui procurent ainsi de potentiels refuges aux carnassiers. Sur les vingt premiers mètres des deux berges opposées à la bonde, le niveau d’encombrement est élevé et constitue ainsi un formidable terrain d’embuscade pour les prédateurs. Bonne nouvelle, ces souches restituent dans la très grande majorité des cas le leurre ou la mouche qui se sont accrochés.

Le grand lac permet de pêcher à deux ou trois embarcations sans se déranger.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Néanmoins, David Gauduchon a bien conscience que l’étang présente une certaine monotonie pour sa partie visible. Il envisage la plantation de massifs herbeux qui donneront à la belle saison un peu plus de relief et de couleur verte à la surface de l’étang. En outre, ces massifs pourront servir de postes d’affût pour les prédateurs à la belle saison et devraient permettre de pratiquer une très excitante pêche de surface. Au cours de notre prospection, nous avons découvert une multitude de configurations différentes avec plusieurs hauts-fonds et de nettes cassures et autres ruptures de pentes susceptibles de servir de terrains d’embuscade pour les prédateurs. Ce que l’on peut ajouter également, c’est qu’ici la densité de poisson fourrage est absolument incroyable. Lors de notre passage au cours du mois d’octobre, nous avons découvert un lac quasiment en feu avec des poissons blancs particulièrement actifs. Des bancs compacts de gardonneaux s’activaient bruyamment en surface, attirés par ce qu’il nous a semblé être une éclosion massive de chironomes. Le gérant nous a également confirmé que la densité en perchettes était très importante.

Le genre de beau brochet que l’on peut légitimement capturer à la Hardouinais.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Sur ce lac, le peuplement en carnassiers est principalement composé de brochets. La densité y est vraiment importante et les beaux poissons y sont légion. Les perches sont également présentes en nombre et, pour peu qu’elles soient bien actives, elles peuvent procurer de sacrées touches et de bien belles surprises. À noter également que le grand étang possédait avant sa vidange une magnifique population de sandres. Pour l’instant, ces derniers sont restés discrets mais pourraient, au cours des mois d’hiver, offrir une agréable alternative dans le cas où les brochets seraient plus difficiles. Un deuxième lac, plus petit, est mis à la disposition des pêcheurs. Ce lac forestier offre des caractéristiques encore plus sauvages que le précédent. La végétation rivulaire y est très importante et à la mi-octobre, les massifs de nénuphars étaient encore bien présents. Cet étang, situé en aval du grand étang, s’étale en longueur. Sa superficie est d’une douzaine d’hectares et sa profondeur moyenne de 1,5 mètre. Il offre un profil parfait pour la pêche en float tube mais reste également accessible en wading. À noter que le domaine dispose de quelques autres petits étangs forestiers mais que ces derniers ne sont pas encore ouverts à la pêche. Lors de mon passage à la mi-octobre, la température de l’eau était restée assez élevée et les premières pluies de fin d’été avaient probablement drainé les excédents d’azote des surfaces agricoles en amont. Toujours est-il que l’eau était riche en plancton et était loin d’afficher une totale transparence sans bien entendu que cela soit gênant pour la pêche. Ceci explique probablement d’ailleurs la forte productivité de ce milieu.

Une partie du grand lac permet une prospection en wading.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Côté pêche, la qualité au rendez-vous

Les deux plans d’eau sont accessibles à la pêche aux leurres ainsi qu’à la pêche à la mouche. Les deux techniques sont d’ailleurs possibles et permettent pour un duo de pêcheurs les pratiquant de voir ce qui marche le mieux. Le lac ne subissant pas pour l’instant une trop forte pression de pêche, cette gestion permet à chacun de pêcher selon ses goûts et ses habitudes. À notre avis, ce lac mérite à terme d’être pêché uniquement à la mouche.

Des poissons de qualité qui font encore preuve d’une relative candeur
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Les barques proposées lors des guidages sont équipées de moteur électrique et se révèlent très stables. Il ne s’agit pas ici de Bass Boat mais de modèles rotomoulés solides et faciles à manœuvrer si l’on souhaite passer d’un lac à l’autre. Compte tenu du caractère encore sauvage et de la faible fréquentation de ces deux lacs, les carnassiers sont relativement conciliants et ne demandent pas une virtuosité technique exceptionnelle. Les leurres métalliques à fort pouvoir vibratoire, comme les chatterbaits ou même les cuillers tournantes, fonctionnent à merveille pour peu que l’on parvienne à les faire passer au-dessus des obstacles. Pour pêcher à proximité de la bonde, un shad de belle taille mais pas trop lesté pourra faire la différence en étant ramené lentement entre deux eaux.

Des branchages immergés offrent des postes de choix sur toute la zone rivulaire en face de la bonde
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Le no-kill de rigueur

En fait, comme ce lac reste encore peu pêché, toutes les techniques de pêche aux leurres classiques méritent d’être utilisées. Pour l’instant, dans ce genre de biotopes, inutile à notre avis de sortir les trop grosses bouchées. Les leurres souples de 15 à 20 cm semblent être bien appropriés pour tromper les beaux brochets de la Hardouinais. Pour les pêcheurs à la mouche, inutile également de trop compliquer dans un premier temps la pêche. À notre avis, ces lacs se pêchent fort bien avec une canne susceptible d’expédier des soies de 8 ou 9. Rien ne semble justifier pour l’instant l’utilisation de méga streamers qui nécessitent l’usage d’une soie de 10. Deux soies nous paraissent indispensables pour présenter convenablement ses mouches. La première, une flottante à pointe intermédiaire ou une intermédiaire lente sera parfaite pour prospecter la zone de bordure, peu profonde, encombrée de végétaux ou de souches. Dans ce cas, un petit streamer de couleur vive sera parfait pour faire sortir les carnassiers embusqués et déclencher des attaques réflexes. Une soie S3 sera quant à elle géniale pour pêcher les brochets dans les parties plus profondes. Une mouche de 15 à 20 cm sera alors un must pour tenter les plus gros prédateurs.

Un lac taillé pour les brochets trophées
Crédit photo : Pascal Lehérissier

À noter qu’ici le no-kill est bien entendu de rigueur. Pour faciliter la remise à l’eau des poissons dans les meilleures conditions possibles, il est demandé d’écraser les ardillons de vos leurres ou de vos mouches à moins que vous ayez déjà franchi le pas en utilisant des hameçons sans ardillon. Un dernier point, la couleur de l’eau ne justifie pas pour l’instant l’usage de bas de ligne en fluorocarbone. Un bas de ligne en acier ou en titane fera parfaitement l’affaire.

Les grandes perches peuvent aussi être de la fête.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Renseignements pratiques

L’agence « Le poisson voyageur » peut être contactée au 06 70 81 65 83. David Gauduchon propose des formules avec deux jours de pêche guidés et accompagnés avec une nuitée. À noter que les prestations d’hébergement et de restauration sont susceptibles d’être personnalisées. En effet, l’établissement Arduen dispose de nombreuses possibilités d’hébergement (seize chambres trois étoiles toutes différentes) et de trois restaurants (une rôtisserie, une crêperie ainsi qu’un restaurant bristonomique). Ici, on y cultive le goût pour les produits locaux, à l’instar des légumes en provenance du potager. L’accès au domaine est relativement aisé. L’établissement Arduen est au cœur du village de Saint-Launeuc, juste en face de l’église parfaitement rénovée. Cet écrin de verdure est situé à tout juste plus d’une demi-heure de Rennes et les petites routes bretonnes vous feront redécouvrir le charme de villages authentiques.
Rens. : www.lepoissonvoyageur.fr ou www.arduen.com.

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