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Bar : les ligneurs en état d'alerte

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L'association des Ligneurs de la Pointe de Bretagne réclame le principe de précaution pour les quotas bars 2019. Dans un communiqué alarmiste, à retrouver ci-dessous, l'association explique que ses adhérents ont connu une année noire. Malgré tout, elle s'inquiète de la nouvelle position des scientifiques qui proposent de relever le plafond de capture des professionnels. L'association demande les mêmes efforts pour tous les professionnels en 2018 et renouvelle ses voeux d'harmonisation des règles (quotas, taille légale, repos biologique) au-dessus et au-dessous du 48ème parallèle. De plus, il devient urgent de renforcer les mesures protectrices pour le lieu, de plus en plus ciblés par les pros à la place du bar. Des propositions qui semblent extrêmement censées... 

NB, 13.09.2018

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

                                                                                                                            Le 11 septembre 2018

2018 est la pire année jamais vécue par les ligneurs

« Sinistré », « catastrophique », « sans espoir », « inquiétant »…  de Boulogne sur mer à Saint-Jean de Luz, on ne trouve aucun ligneur de bar qui soit rassuré par la situation actuelle. Pour la majorité d’entre eux, 2018 est la pire année qu’ils aient jamais vécu… en particulier sur la Zone Nord.

Un pêcheur normand, à bout, est contraint de jeter l’éponge et sort son bateau de l’eau…. Les autres tentent de se reporter sur le lieu jaune, ou le maquereau (quand ils leur sont autorisés…) mais ces derniers aussi sont aux abonnés absents. Contrairement aux années précédentes, il n’y a même pas eu une seule bonne marée à 80 ou 100 kg pour rattraper, si ce n’est le chiffre d’affaires, au moins la motivation des pêcheurs.

Plus au sud, dans le golfe de Gascogne, la tendance est aussi mauvaise. Heureusement, quelques bonnes marées ont été réalisées au printemps mais une fois celles-ci terminées, le reste de la saison a été très médiocre, avec des captures journalières ne dépassant généralement pas les 40 kg. En Vendée et plus sud, les ligneurs sauvent leur année grâce au maigre, avec des proportions de captures qui se sont inversées pour certains, avec 20% de bar pour 80 % de maigre…

Incompréhension des professionnels face au dernier avis scientifique en zone Nord

A la lecture du constat dressé auparavant, on comprendra que les ligneurs sont très circonspects quand les scientifiques proposent de relever le plafond de captures à près de 1800 tonnes en 2019. Du point de vue biologique, il parait complètement absurde de remonter le niveau de capture sur un stock qui est toujours en danger d’effondrement !Du point de vue politique, appliquer cet avis serait d’autant plus révoltant que la Politique Commune des Pêches en vigueur indique que « l’exploitation des ressources doit rétablir et maintenir les populations de stocks exploités au-dessus des niveaux qui permettent d’obtenir le rendement maximal durable »… Dans ce cadre, il nous semble indispensable de maintenir les mêmes mesures qu’en 2018, mis à part l’autorisation d’un bar par jour pour la plaisance, compte tenu de la réévaluation de leur niveau de capture correspondant.

A la différence des autres métiers, chalutiers, fileyeurs, qui capturent le bar majoritairement en période hivernale quand il est regroupé en bancs pour se reproduire, les ligneurs le pêchent tous les autres mois de l’année, quand il chasse à la côte ou un peu plus au large. Ils ont donc une connaissance extrêmement poussée de son comportement et de ses zones de présence, et ce, quasiment tout au long de l’année. Mais cette année, malgré cette connaissance et une pêche « hyper technique » (électronique, engins, leurres ou appâts etc..), le bar n’était pas là !

La décision qui sera prise en décembre prochain sera lourde de conséquence pour le bar et pour la survie de la flottille des ligneurs. L’objectif majeur et prioritaire doit être le rétablissement du stock dans les meilleurs délais car les ligneurs sont dans une situation économique catastrophique depuis plus de 3 ans.  Nous comprenons tout à fait la colère des chalutiers et des fileyeurs qui ont dû rejeter de nombreux bars morts à l’eau cet hiver, mais nous considérons qu’il est nécessaire de prendre en compte la situation socio-économique des armements avant tout. De plus, le conflit extrêmement vif entre pêcheurs anglais et français sur la question de la coquille Saint-Jacques en Baie de Seine nous a laissé un avant-goût amer de ce que pourrait donner le Brexit dès le mois de mars prochain.

La gestion dans le golfe et dans la zone Nord devra être harmonisée

Comme nous l’avons toujours dit, la séparation du 48ème parallèle est non seulement fictive mais elle est également incohérente d’un point du vue réglementaire et commercial. Le maintien de deux tailles commerciales différentes à 38 et 42 cm, l’existence d’un repos biologique au nord mais pas dans le golfe… Il ne fait aucun doute qu’une harmonisation est nécessaire…

En ce qui concerne la taille minimale de capture, nous rappelons que le passage brutal de 36 à 42 cm a été fatal pour de nombreux pêcheurs et n’a, de plus, fait qu’amplifier le niveau des rejets. Si le CIEM considère que le stock se porte bien mieux, alors il semblerait bien plus utile d’abaisser la taille minimale du bar à 40 cm plutôt que de relever de façon inconsidérée le plafond annuel de capture.

De même, les ligneurs sont fortement préoccupés par la diminution de la ressource de bar dans le golfe et appellent de leurs vœux la mise en place de façon urgente un repos biologique harmonisé entre nord et sud aux mois de février et mars.

Par ailleurs, les récentes propositions figurant dans le rapport du Parlement Européen sur le futur plan pluriannuel des eaux occidentales avec une interdiction de capture du bar et du lieu jaune entre février et fin avril ne sont clairement pas acceptables. Le lieu jaune est la principale espèce de report pour les ligneurs, à laquelle beaucoup doivent leur surviedurant ces dernières années. Cependant, la situation du lieu jaune est également préoccupante et il est nécessaire d’en améliorer fortement la gestion. Avant de décréter une interdiction de capture de trois mois, il semblerait plus raisonnable de mettre en place des mesures moins douloureuses pour l’ensemble des professionnels, comme l’augmentation de la taille minimale et la mise en place d’un « quota de pêche » bien plus précautionneux que celui appliqué aujourd’hui.

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