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Merveilleuse vallée de la Haute-Ubaye

Situé à l’extrémité orientale du département des Alpes-de-Haute-Provence, le bassin de l’Ubaye en amont de Barcelonnette est l’archétype de la haute vallée alpine avec ses paysages de carte postale, ses églises perchées, ses cols mythiques et, surtout, des torrents vigoureux et des lacs magnifiques tous bien peuplés en salmonidés. Une destination pêche de choix, baignée par le soleil méditerranéen, que notre baroudeur Thierry Bruand est allé découvrir canne en main.

Si l’on établissait un palmarès des meilleurs torents salmonicoles des Alpes, l’Ubaye figurerait assurément dans le peloton de tête au côté de la Clarée, de la Tinée, du Chéran, du Vénéon ou du Guil, pour ne citer que les plus emblématiques. Cette rivière, qui prend sa source au col du Longet vers 2600 m et parcourt 80 km avant de se jeter dans le lac de Serre-Ponçon, possède en effet de sérieux atouts pour les activités halieutiques. Réputé internationalement auprès des amateurs de sports d’eaux vives pour les mêmes raisons, c’est l’un des derniers grands cours d’eau du massif alpin à connaître une continuité écologique et des débits naturels, du fait d’un aménagement hydraulique vraiment très limité.

Le Plan de Parouart (2052 m) est une vaste plaine humide où s’écoule l’Ubaye, au milieu d’une forêt. Cette zone, créée par un éboulement, constituait il y a une cinquantaine d’années un lac aujourd’hui comblé. 
Crédit photo : Thierry Bruand

Sauvage et accessible

C’est rare et précieux, d’autant que la densité de population est faible dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, parmi les plus basses de l’Hexagone. L’Ubaye est donc un cours d’eau sauvage que l’on peut qualifier de conforme avec des abondances de truites de souche intéressantes. Elle connaît aussi des remontées de grosses lacustres de Serre-Ponçon. Les pêches d’inventaire en attestent la présence jusqu’en amont de Barcelonnette, même si elles sont finalement peu ciblées et capturées. Son régime nivo-pluvial à tendance méditerranéenne est assez original (voir graphique) avec deux pics de débit : un premier, très marqué au printemps, qui correspond à une fonte précoce et rapide et un second, vraiment très peu significatif, à l’automne. Souvent longée par des routes de bonne qualité, cyclotourisme oblige, l’Ubaye moyenne et amont est facilement approchable avec la voiture.

Une gestion de plus en plus patrimoniale

L’Ubaye et ses affluents amont ont fait l’objet d’études génétiques poussées à partir de 1997, menées par Patrick Berrebi. Elles ont montré que les truites de souches MED étaient encore présentes malgré les alevinages massifs des décennies précédentes. Une autre étude de 2009 a prouvé que l’arrêt de ces alevinages, décision courageuse des dirigeants de l’AAPPMA de la truite de l’Ubaye, avait permis aux poissons autochtones de redevenir majoritaires. Les abondances, à surface comparable, sont plus élevées aujourd’hui qu’à l’époque des alevinages.

Thierry s’est régalé durant ce reportage ! Les truites de toutes tailles sont vraiment bien présentes et répondent tant aux leurres qu’aux appâts naturels et à la mouche.
Crédit photo : Thierry Bruand

Haute-Ubaye

C’est en amont de la ville, et surtout au-dessus du bourg de Jausiers (excellent camp de base à 1200 m selon moi), que la haute vallée commence à se dessiner et que les choses sérieuses débutent. Du côté de la Condamine-Châtelard, le faciès est encore assez plat et les postes relativement peu marqués, mais les densités sont bonnes. Il faut pêcher les grands pools ou les petites cuvettes de bordure où les farios se concentrent. Le toc, en dérive naturelle ou en nymphe, donne ici d’excellents résultats. C’est d’ailleurs là que j’ai capturé les plus belles, dépassant la trentaine de centimètres. Un peu avant Saint-Paul, le profil devient légèrement plus pentu avec davantage de blocs. C’est une très belle portion.

Le Bachelard recèle lui aussi une bonne population de truites autochtones. On rejoint son cours par la route qui mène au célèbre col de la Cayolle. 
Crédit photo : Thierry Bruand

On se rapproche ensuite de l’impressionnant pont du Châtelet (1600 m). Le secteur juste en aval de l’ouvrage et sur trois kilomètres en amont est fameux. C’est ici, aux leurres (minnow coulant), que j’ai fait la meilleure partie de pêche de mon séjour estival : une bonne vingtaine de poissons entre 20 et 28 cm sur une petite matinée. Attention, le resserrement situé à l’aplomb du pont est infranchissable, même quand les eaux sont très basses. Il faut faire un long contournement pour enchaîner avec le secteur amont. Enfin, à 1900 m d’altitude, en amont du minuscule hameau de Maljasset, commence le réputé et magnifique secteur de Plan de Parouart. C’est un surprenant plateau d’altitude marécageux, un ancien lac, où les eaux de l’Ubaye, très claires ici, serpentent dans un lit en tresses. La densité de farios et d’ombles de fontaine est absolument remarquable et on peut même les pêcher à vue. C’est un excellent parcours pour la mouche sèche ou l’ultra-léger, deux techniques permettant d’attaquer les coups de loin, contrairement au toc qui est plus à la peine dans ces conditions.

Le pont du Châtelet mène au hameau de Fouillouse, très touristique ! Il surplombe l’Ubaye de 108 mètres. Thierry a bien réussi sur ce secteur. Peu de gros poissons mais une excellente densité. 
Crédit photo : Thierry Bruand

Précieux affluents

Parmi les nombreux tributaires de la Haute-Ubaye, trois sont particulièrement intéressants. Le Bachelard tout d’abord, en rive gauche, qui jouit d’une excellente réputation. Très sauvage lui aussi, il offre, assez rapidement après avoir quitté Barcelonnette, un somptueux secteur de gorges très rafraîchissant aux plus chaudes heures de l’été. C’est un peu sportif mais ça passe partout et les densités de farios sont abondantes avec quelques belles. Méfiez-vous, car elles peuvent être très capricieuses, surtout aux esches artificielles (nymphes ou leurres). J’en ai fait la triste expérience. Le toc ou le vairon me semblent plus adaptés. Après Bayasse, en continuant dans le parc national du Mercantour, sur la route qui mène au célèbre col de la Cayolle, le Bachelard se transforme en joli ruisseau de montagne avec une capturabilité meilleure mais des poissons de tailles plus modestes. C’est idéal pour l’ultra-léger.

L’Ubayette, près de Lauzanier, est très fréquentée en été. Les marmottes ne sont plus très sauvages ! Les jeunes de l’école de pêche de l’AAPPMA locale viennent ici s’initier à la pêche de la truite. 
Crédit photo : Thierry Bruand

L’Ubayette est également incontournable. Principal affluent du cours amont, ce torrent, qui conflue au niveau de Meyronnes, offre des densités de truites vraiment très élevées et souvent plus disponibles que sur son collecteur. Lors de mon reportage, j’ai suivi un très bon pêcheur en sèche qui pratiquait en aval de Larche. Il a enchaîné les petites méditerranéennes à une belle cadence en pêchant l’eau sur un tronçon où j’avais fait également une sortie réussie au toc-nymphe. Plus en amont, dans le parc, le parcours « prendre et relâcher » du Lauzanier est l’un des plus beaux qu’il m’a été donné de voir dans les Alpes. C’est un long vallon tranquille qui mène au lac éponyme. La seule végétation présente est la pelouse alpine. C’est parfait pour faire découvrir les différentes techniques de pêche de la truite à un novice. Cela d’autant plus que l’AAPPMA a eu la bonne idée d’autoriser les esches naturelles. Comme toujours sur ce type de secteur, il faut concentrer sa prospection au niveau des sous-berges creusées. Son petit affluent, l’Orrenaye, est également une petite pépite pour les amateurs de ruisseau montagnard à fort dénivelé dont je fais partie. J’ai pu m’apercevoir de son excellent potentiel lors d’une session express au toc en fin de randonnée. Le secteur de 600 m situé juste en aval du parking de la Clapière est à mon avis le meilleur.

Le rêve de tout pêcheur de truite! Des kilomètres de rivières et de torrents, comme ici proche de Saint-Paul sur Ubaye, avec des jolies densités de poissons. 
Crédit photo : Thierry Bruand

Les lacs

Les sommets du massif de l’Ubaye sont également parsemés de lacs de montagne bien étagés en altitude et alevinés par l’AAPPMA. Contrairement aux Alpes du Nord, où les conditions thermiques sont assez rudes, les lacs bas-Alpins dégèlent plus rapidement et offrent des conditions plus favorables à la croissance. Citons le superbe lac des Neuf Couleurs, perché à 2840 m (cristivomers, ombles chevaliers, farios), celui du Lauzanier à 2280 m, là où l’Ubayette prend sa source (farios autochtones), celui de Terres Plaines (ombles chevaliers et de fontaine, farios) ou encore le très beau lac de l’Orrenaye (2410 m) qui m’a véritablement séduit avec sa belle population de farios et de cristivomers. À noter que contrairement aux rivières du bassin de l’Ubaye, la maille des salmonidés est fixée dans les lacs d’altitude à 23 cm et que la pêche est autorisée depuis 2022 jusqu’au dernier dimanche d’octobre.

Les lacs d’altitude, comme ici celui de l’Orrenaye, offrent de belles randonnées en montagne et comportent d’intéressantes populations de salmonidés. 
Crédit photo : Thierry Bruand

REGLEMENTATION
Ouvertures
Première catégorie : 11 mars au 1er octobre (2023)
Lacs de montagne : 17 juin au 29 octobre (2023)
Taille légale truites et ombles : 20 cm (23 cm en lac de montagne)
Quota : 6 salmonidés par jour
Réciprocité : avec le CHI

DÉTAILLANT
Le Pêche Soleil à Embrun - Tél. 06 16 07 64 66

GUIDES DE PÊCHE
Bernard et Bastien Galliano - www.guides-peche.com - Tél. 06 87 85 47 20 et 06 87 85 55 14

HÉBERGEMENTS
Gîte auberge du Lauzanier - Val d’Oronaye - Tél. 04 92 84 35 93
Auberge de la Cure - Saint-Paul-sur-Ubaye - Tél. 04 92 84 31 15
Camping le Planet - Jausiers - Tél. 09 71 45 09 22
Hôtel le Cheval Blanc - Barcelonnette - Tél. 06 24 06 17 07

ADRESSES UTILES
AAPPMA La Truite de l’Ubaye 6 Président Christian Calvignac - Tél. 06 81 98 21 10
Office de tourisme de Barcelonnette - Place Frédéric Mistral - 04400 Barcelonnette - Tél. 04 92 81 04 71 - Site : www.ubaye.com

À VOIR/À FAIRE
Les cols légendaires de la Bonette, de la Cayolle, d’Allos et de Vars
Le musée de la Vallée et les villas mexicaines de Barcelonnette
La forteresse de Tournoux à la Condamine-Châtelard
Le Chapeau de Gendarme

Un véritable paysage de carte postale ! Des églises perchées, des torrents et des montagnes magnifiques ! La population salmonicole de l’Ubaye et de ses affluents est extraordinaire.
Crédit photo : Thierry Bruand

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