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Flottant, suspending, coulant : la bonne densité

La pêche de la truite aux leurres ne cesse de faire de nouveaux adeptes. Les gammes de poissons-nageurs disponibles sur le marché s’appuient sur cette tendance forte.

Crédit photo Marc Delacoste
Outre leur taille et leur coloris, les poissons-nageurs diffèrent aussi par leur densité. Certains flottent ou coulent tandis que d’autres encore sont capables de stationner entre deux eaux. Pour Marc Delacoste, ce critère de densité est absolument
déterminant au moment de choisir.

Longtemps, l’offre en matière de poissons-nageurs destinés aux pêches sportives de la truite rest restée aux seuls modèles flottants. Mais les fabricants ont bien senti le vent tourner. Depuis quelques années en effet, l’explosion de ce type de pêche les a poussés à combler cette lacune pour proposer des modèles de différentes densités. On peut donc hésiter désormais entre ceux qui flottent, ceux qui coulent et ceux qui sont capables de rester entre deux eaux. Et pour être très franc, ce choix se révèle parfois loin d’être si simple.

Ce SX40 (Ecogear) est flottant certes mais il peut descendre assez profondément grâce à sa longue bavette.
Crédit photo : Marc Delacoste

Les leurres flottants

Parmi les modèles flottants, on trouve des jerkbaits, minnows et crankbaits qui ont en commun d’être d’une densité inférieure à celle de l’eau et donc de flotter. Ils peuvent en revanche évoluer à des profondeurs très différentes selon la taille de leur bavette. Si la plupart évoluent entre 20 et 50 cm sous la surface, certains, équipés d’une longue bavette, descendent bien plus en profondeur. Ils présentent l’inconvénient de tirer très fort dès qu’il y a du courant et d’être parfois peu agréables à utiliser. Ils sont néanmoins utiles dans les secteurs calmes ou en lac. Évoluer plus profondément peut faire une vraie différence les jours où les truites ne veulent pas monter ! L’intérêt des modèles flottants, c’est leur capacité à remonter dès que l’on stoppe toute récupération. On voit vite l’avantage que cela représente sur des secteurs accrocheurs, puisqu’il suffit d’interrompre l’animation au moindre accroc pour laisser le leurre remonter tranquille- ment et passer l’obstacle. De la même façon, les postes touffus ou surplombés de frondaisons gênantes, difficilement accessibles par un lancer classique, peuvent être prospectés. Il suffit de lancer bien en amont puis de laisser le courant porter le leurre jusqu’au poste en question pour ne débuter l’animation qu’à ce moment-là. Une méthode précieuse en petite et moyenne rivière, où la végétation peut se révéler vraiment gênante. Autre atout des leurres flottants : on connaît leur profondeur d’évolution qui dépend de la taille de leur bavette. Un poste marqué peut ainsi être prospecté à moindre risque d’accrochage en calculant bien sa trajectoire et en faisant descendre le poisson-nageur juste au bon moment. Enfin, les flottants sont aussi intéressants pour prospecter les secteurs maigres et peu profonds, là où tout autre type de leurre va racler.

Tournament Baby Minnow (Daiwa), Husky Jerk (Rapala) et Tiny Fry (Illex), de grands classiques parmi les nombreux poissonsnageurs suspending.
Crédit photo : Marc Delacoste

Stop and go

Les animations dites en stop & go, qui consistent à entrecouper l’évolution du leurre de phases d’arrêt, peuvent être réalisées avec toutes les densités de poisson-nageur. Simplement, le leurre ne se comportera pas de la même façon. Et, selon la configuration du poste, mieux vaudra utiliser un modèle flottant (pour éviter les accrocs), suspending (pour insister sur place) ou coulant (pour rester à niveau sous le courant).

Les suspending

La densité des suspending est très proche de celle de l’eau, ce qui fait qu’ils restent comme en suspension lorsque l’on stoppe la récupération, d’où leur nom. Si on rencontre pas mal de modèles coulant ou remontant lentement à l’arrêt, les meilleurs sont évidemment ceux qui restent parfaitement immobiles, à l’horizontale ou légèrement inclinés. Face à des poissons méfiants ou hésitants, cette phase de surplace faisant suite à une animation provocante peut se révéler déterminante pour déclencher l’attaque. Ils sont aussi intéressants pour prospecter les devants de caches où leur capacité à s’immobiliser au ras d’une structure est précieuse pour prolonger leur présence dans le champ de vision de la truite. Enfin, ces leurres sont sans équivalents pour jouer dans un registre imitatif face à des poissons éduqués, souvent effrayés par les animations trop agressives. Une évolution coulée, des impulsions minimalistes et surtout des phases d’arrêt pendant lesquelles le leurre est laissé porté quasiment inerte par le courant, sont souvent d’excellents moyens pour décider ces truites difficiles.

Taille et coloris sont bien sûr des critères importants mais Marc n’est pas loin de penser que la densité d’un leurre l’est plus encore
Crédit photo : Marc Delacoste

Agressif

Dans un tout autre registre, j’apprécie aussi les jerkbaits et les minnows suspending pour les animations saccadées. Basées sur des successions d’impulsions nerveuses plus ou moins amples (twitching, jerking), ces manières agressives sont souvent encore plus efficaces avec des modèles suspending qui s’immobilisent entre deux coups de scion. On peut ensuite jouer sur la durée du temps de pause, de quelques dixièmes à plusieurs secondes, dosant ainsi ce mélange d’embardées et d’arrêts pendant lesquels le leurre semble très vulnérable.

Le célèbre Phoxy Minnow (Sakura) fait partie des petits leurres coulants qui se trouvent être utilement déclinés en plusieurs densités.
Crédit photo : Marc Delacoste

Les leurres coulants

Aux côtés du célèbre CountDown (Rapala), l’offre en poissons-nageurs coulants est longtemps restée pauvre. C’est la catégorie la plus délicate à utiliser, chaque modèle coulant plus ou moins vite. La différence peut largement influencer son évolution selon la configuration du poste. Les fabricants ont peu à peu clarifié les choses avec des indications (assez approximatives...) de densité (HW pour heavy weight, FS pour fast sin- king) pour les plus denses. Mieux vaut faire évoluer son leurre devant soi pour bien évaluer son comportement avant de l’utiliser. C’est bien entendu pour prospecter près du fond que ces modèles sont les plus intéressants. Dans les fosses profondes mais aussi dans les courants marqués où les truites rechignent souvent à quitter leur zone de confort, notamment en eau froide.

Pour gagner en distance, certains leurres flottants, comme ce Tricoroll GT (Illex), sont équipés d’un dispositif de transfert de masse.
Crédit photo : Marc Delacoste

Les distances de lancer

S’agissant de la distance, ce sont forcément les leurres les plus denses qui se lancent le plus loin. Mais ce critère n’est en fait qu’une des données du problème. Il est des configurations où il vaut mieux par exemple utiliser un leurre suspending, qui se lance certes moins loin et moins facilement, mais qui pêchera mieux qu’un modèle coulant qui pourra, lui, se révéler plus lourdaud dans sa nage et, au final, nettement moins adapté. Signalons de ce point de vue que les fabricants proposent aujourd’hui des leurres pour la truite équipés de dispositifs de transfert de masse qui allongent les distances au lancer.

Une révolution

Moyennant une animation et une conduite de ligne adaptées, les minnows coulants peuvent très facilement descendre jusqu’à la hauteur des truites. Reconnaissons que leur arrivée a marqué une petite révolution pour la pêche en cours d’eau rapide, mais aussi en grande rivière où le couple vitesse-profondeur est parfois si contraignant que seuls ces modèles coulants peuvent y faire face. Il faut néanmoins éviter de tomber dans le piège du toujours plus dense et savoir jouer des différentes vitesses de descente pour déterminer le leurre qui correspond le mieux aux conditions du moment. Tout cela n’est qu’une base de départ qu’il faut s’approprier pour mieux la contourner de temps à autre. Car il existe souvent plusieurs possibilités pour faire face à une même situation.

Un leurre flottant facilite la prospection des postes encombrés. Il suffit de laisser le courant le transporter sur le point chaud avant d’entamer l’animation.
Crédit photo : Marc Delacoste

Les bons critères

L’offre actuelle permet désormais de pêcher aux leurres dans de très nombreux cas de figure. Comme toujours, c’est sur des critères objectifs – caractéristiques du parcours, conditions de pêche – qu’il faut réfléchir. Selon ce principe, la densité d’un poisson-nageur est bien l’un des premiers critères à prendre en considération... si ce n’est le premier !

Les choix de Marc

  • Flottants : Original Floater (Rapala), Gamera F (Gunki)
  • Suspending: Tiny Fry (Illex), B’Freeze Pointer (Lucky Craft), Chubby Minnow (Illex), Zoner Minnow SP (Major Craft), Minn Shad SP (Usami)
  • Coulants : Tricoroll (Illex), Wise Minnow (Daiwa), D-Contact (Smith), D-Incite (Smith), Spearhead Ryuki (Duo)

 

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Magazine n°926 - Juillet 2022

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