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Le bon leurre pour la pêche de la truite : et si c'était une question de confiance ?

Bien connaître, savoir animer ses leurres et avoir confiance dans leur polyvalence est une des clés de la réussite. Changer constamment de modèle complexifie l’analyse des situations et l’acquisition des automatismes, donc la maîtrise technique. 

Crédit photo Thierry Bruand
Tous les pêcheurs aux leurres se posent la même question : quel est le meilleur modèle du jour, d’une saison, voire d’une vie ? Les amateurs de salmonidés n’échappent pas à cette interrogation. Thierry nous indique que ce choix est finalement peut-être psychologique.

Parmi les techniques de pêche de la truite, le lancer est certainement celle qui est la moins efficace et régulière, en moyenne, sur une saison complète. Ce poisson n’est pas un vrai carnassier et il se nourrit principalement de toutes petites proies qui dérivent au fil de l’eau. Or les leurres durs, poissons-nageurs et cuillères, qui sont l’essence même de la pêche au lancer, ne jouent pas sur ce registre-là. La tâche n’est donc pas toujours simple pour celui qui ne pratique qu’à cette technique. Parmi les nombreux paramètres qui mènent à la réussite, le choix du leurre est celui qui suscite le plus de débats entre amis ou sur les réseaux sociaux et d’écrits halieutiques. Je trouve que toutes ces réflexions passent souvent à côté de l’essentiel : la confiance que l’on accorde à un leurre.

Il est capital de connaître les parcours fréquentés, les niveaux d’eau les plus favorables ainsi que le potentiel halieutique du secteur.
Crédit photo : Thierry Bruand

Expérience acquise

Savoyard d’origine, j’ai pris mes premières farios au toc très jeune mais, quand je me suis mis spécifiquement à traquer la truite aux leurres au milieu des années 2010, j’ai été évidemment confronté à la problématique de ce que j’allais accrocher au bout de ma ligne. À l’époque, j’avais très peu de connaissances de la pêche aux leurres et je partais donc quasiment d’une feuille blanche, ce qui fut peut-être un avantage. Fort de l’expérience que j’avais acquise pendant trois décennies de compétition de pêche au coup de haut niveau, je souhaitais rationaliser mon approche. Je me suis dit que pour progresser rapidement dans cette pratique, l’essentiel était justement de ne pas se concentrer sur le choix du leurre (comme jadis sur les compositions d’amorce) mais sur la maîtrise technique, la stratégie, et surtout la connaissance des milieux. Ma première démarche n’a pas été de tester différents modèles de leurre pour voir ceux qui « marchent ».

Concentrez vos choix sur quelques références de leurres seulement, des valeurs sûres et apprenez à bien les utiliser ! 
Crédit photo : Thierry Bruand

Sélection de départ

J’ai préféré prospecter entièrement la petite centaine de cours d’eau qui se trouvaient dans un rayon de 70 km de mon lieu de résidence et cela au leurre évidemment, mais parfois aussi au toc si j’avais besoin de me rendre compte du potentiel réel de la rivière parcourue. L’important était, pendant ces premières années, d’engranger une masse de connaissances sur le comportement des farios selon les types de biotope de mon secteur, la saison, l’heure de la journée, la température de l’eau, la pression de pêche, etc. Et tout cela sans que mes analyses ne soient perturbées par tel ou tel « truc » que j’accrochais au bout de ma ligne. Encore fallait-il tout de même faire une sélection de leurres, que je détaille plus bas. Ces choix originels ont déterminé durablement le remplissage de mes boîtes. C’est avec ces quelques modèles que j’ai pris mes premières farios. J’ai accumulé de la confiance qui m’a permis ensuite d’en prendre des dizaines d’autres. Petit à petit, j’ai appris à utiliser ces leurres et je les connais aujourd’hui par cœur. J’ai tous mes repères en matière de puissance de lancer à impulser ou de possibilité d’animation.

La cuillère Mepps, un modèle de confiance pour de nombreux pêcheurs français y compris parmi les plus affûtés. 
Crédit photo : Thierry Bruand

Leurre optimal ou de confiance

Évidemment par la suite, du fait de mon travail journalistique, par curiosité ou par jeu, j’ai testé beaucoup d’autres modèles et certains sont venus intégrer ma panoplie. Toutefois, quand la pêche est difficile ou si j’ai besoin d’être très efficace, pour des tests qui ne concernent justement pas la nature des leurres, je reviens toujours ou presque à ces fondamentaux. On peut les appeler « leurres de confiance » et les distinguer par conséquent des « leurres optimaux ». Le leurre « parfait » est celui qui a les meilleures caractéristiques de densité, de poids, de forme, de taille, de vibration et de coloris pour un poste donné à un l’instant T. Il diffère pour chaque configuration de poste. Il existe probablement, mais il est finalement assez théorique et abstrait pour deux raisons. Premièrement, il est quasiment impossible à déterminer ! À la truite, tout va très vite et on dispose souvent d’un seul coup d’essai, le fameux premier passage. Deuxièmement, il n’est pas dissociable de son utilisation. Aussi « parfait » et adapté qu’il soit à la situation, il peut très bien ne pas être lancé au bon endroit ou être animé de manière inappropriée, ce qui annule son caractère « optimal ». Il est donc assez vain de vouloir le chercher. Nombre de mes amis s’y attardent exagérément. En revanche, le leurre de confiance n’est probablement jamais le meilleur mais il propose des caractères moyens bien suffisants pour tromper la méfiance des farios, souvent surestimée par les pêcheurs comme le dit très bien Marc Delacoste. Il peut donc s’avérer bien plus efficace puisque lui, pour le coup, on sait l’utiliser de façon « optimale » ! Quand c’est vraiment dur et que le mental peut faire la différence, c’est un sacré atout !

Le choix du leurre, du moment que son poids est adapté au niveau d’eau, joue un rôle mineur qui concentre pourtant l’esprit des jeunes pêcheurs, et quelquefois des moins jeunes, les empêchant parfois de se poser les bonnes questions.
Crédit photo : Thierry Bruand

Pour progresser

Un bon conseil, concentrez-vous sur deux ou trois modèles de leurre avec des coloris passe-partout et apprenez à les connaître et à les manier. Pour cela utilisez-les dans toutes les conditions en jouant seulement, en fonction des débits, sur deux paramètres simples et incontournables : le poids et la taille. Ne cherchez pas à les remplacer à la moindre difficulté ou en l’absence immédiate de touches comme vous pourrez le lire dans l’article suivant. Une fois que vous êtes suffisamment en confiance avec ces leurres, « éliminez » ce paramètre de votre approche et concentrez-vous sur les autres. C’est probablement à ce moment-là que vous progresserez le plus rapidement, au niveau de la stratégie. La conclusion du dernier article du mois de février 2023 de Michel Tarragnat ne disait finalement pas autre chose et son propos est largement transposable à la traque des salmonidés. Il faut passer du temps au bord de l’eau pour comprendre… et prendre !

Stan Lejeune, le leurre fétiche

Pour ce moniteur guide de pêche dans l’Aube, nous avons tous un leurre fétiche, celui qui nous a fait prendre le plus de poissons ou les plus gros, et à qui on a parfois tendance à attribuer un caractère « miraculeux ». "Mais avec un peu de recul, il y a surtout ce leurre que l’on connaît par cœur sans vraiment le savoir, précise-t-il. On sait l’utiliser ou le manier de façon optimale selon les saisons, les positionnements des poissons ou les niveaux d’eau, par simple observation du milieu, de manière parfois instinctive. Pour moi, c’est le Flat Tricoroll d’Illex. Il est plutôt taillé pour les pêches de début de saison en prospection trois quarts amont sur des tractions lentes, ou sur des pêches aval en lui rendant la main pour le faire papillonner à la redescente et ainsi déclencher l’attaque des farios encore apathiques. Je l’utilise aussi en période d’étiage avec des lancers plein amont sur les radiers rapides ou les extrêmes bordures et des animations en twitchs très serrés."

Mes choix de départ

Je me souviens précisément de ma démarche en 2014 pour choisir mes premiers leurres. J’ai relu ce qui avait été écrit dans la littérature halieutique y compris ancienne pour éviter les effets de mode. Puis je suis allé voir mon détaillant et je lui ai posé deux questions. Quel est le meilleur leurre à truite dans ton magasin, et quels sont ceux que tu vends le plus ? Il m’a répondu que c’était la cuillère Aglia de Mepps qu’il vendait le mieux, tout en me la « déconseillant » par snobisme. Par esprit de contradiction, je l’ai pris comme leurre de base. Il m’a parlé d’un fameux poisson-nageur japonais récemment sorti : le D Incite de Smith. Je l’ai trouvé fort coûteux mais je l’ai adopté avec succès. Ami avec Laurent Madelon, précurseur du micro-souple, j’ai aussi intégré la teigne artificielle Berkley. J’ai rajouté la cuillère tournante Panther Martin.

 

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Magazine n°937 - Juin 2023

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